Depuis le déclenchement du conflit opposant l’armée soudanaise aux paramilitaires en avril 2024, les femmes paient un lourd tribut. Viols, esclavage sexuel et mariages forcés font désormais partie de leur quotidien, selon la ministre soudanaise des Affaires sociales.
« Il n’y a pas d’âge », a déclaré Sulaïma Ishaq al-Khalifa à l’AFP, propos repris par RFI. D’après elle, les violences sexuelles visent aussi bien des femmes âgées que des enfants, et sont souvent commises « devant leurs familles ».
Les chiffres officiels confirment l’ampleur du drame. Plus de 1 800 cas de viols ont été recensés depuis le début de la guerre, selon les données du ministère. Un bilan largement sous-estimé, car il n’inclut pas les exactions commises au Darfour et au Kordofan à partir de fin octobre 2025.
La ministre fait également état de viols collectifs, de femmes réduites à l’esclavage sexuel et d’autres victimes vendues par des réseaux de trafic.
Si les violences sexuelles sont perpétrées par les deux camps, Sulaïma Ishaq al-Khalifa souligne toutefois que les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) utilisent systématiquement le viol comme arme de guerre.
Face à la stigmatisation sociale, certaines familles préfèrent garder le silence. Dans plusieurs cas, au lieu de dénoncer les crimes, elles choisissent de marier de force leurs filles afin de dissimuler les violences subies.
Alioune Sow







