Un an après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025, les autorités de transition en Guinée-Bissau ont annoncé la tenue simultanée des élections présidentielle et législatives le 6 décembre 2026, malgré le rejet persistant de la CEDEAO et les critiques d’une partie de la société civile.
L’annonce a été faite le mercredi 21 janvier 2026 à la télévision nationale. Dans un décret signé par le chef de l’armée, le général Horta Inta-a, la junte affirme que « toutes les conditions pour l’organisation d’élections libres, justes et transparentes ont été réunies ». Cette date correspond à la fin de la transition d’un an instaurée après la prise de pouvoir des militaires.
Un coup d’État sur fond de crise électorale
Le 26 novembre 2025, des militaires ont pris le contrôle du pouvoir à Bissau, quelques heures avant la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 23 novembre. Le processus électoral, incluant la présidentielle et les législatives, a été immédiatement suspendu.
À l’issue du putsch, le général Horta N’Tam a été désigné chef de la transition. Un gouvernement transitoire a ensuite été formé, composé majoritairement de civils, mais sous forte influence militaire.
La CEDEAO rejette une transition d’un an
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rapidement rejeté le chronogramme de transition de 12 mois, jugé trop long et contraire aux engagements régionaux en faveur d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Cette position a été réaffirmée lors d’un sommet ordinaire de l’organisation et dans plusieurs communiqués officiels, appelant à une transition courte, inclusive et consensuelle, débouchant sur un pouvoir civil légitime.
Tentative de médiation régionale
Le 10 janvier 2026, le président sierra-léonais, président en exercice de la CEDEAO, a conduit une mission de haut niveau à Bissau, accompagné du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, afin d’obtenir des garanties sur le retour à l’ordre constitutionnel.
Quelques semaines plus tard, la junte a maintenu son calendrier électoral, en dépit des réserves régionales.
La société civile dénonce une « manœuvre dilatoire »
Joint par la rédaction, Fodé Sané, militant panafricain et figure de la contestation contre le coup d’État, rejette catégoriquement le processus annoncé. Il considère le putsch comme « un complot impliquant le président déchu Umaro Sissoco Embaló ».
Selon lui, l’organisation de nouvelles élections est « impossible et inadmissible ». Il plaide pour la publication immédiate des résultats du scrutin de novembre 2025 et la proclamation de Fernando Dias président élu, ainsi que la libération des prisonniers politiques. « Ce calendrier est une manœuvre dilatoire. La junte cherche à consolider son pouvoir, pas à organiser des élections. Celles qu’elle annonce ne sont qu’un leurre », affirme-t-il.
Le militant appelle enfin la CEDEAO à rejeter fermement ce nouveau calendrier et à exiger la vérité des urnes pour sortir durablement la Guinée-Bissau de la crise politique.
Alioune Sow






