Au Sénégal, les projets pétroliers et gaziers offshore soulèvent des inquiétudes pour les communautés côtières. Si la Constitution garantit les ressources naturelles au peuple, les pêcheurs artisanaux voient leur accès aux zones de pêche réduit et s’exposent à des risques environnementaux et sanitaires, alors que leur activité reste un pilier de l’économie locale.
Selon le Dr Kaly Ba, consultant en énergies renouvelables pour Greenpeace Afrique, si la Constitution sénégalaise garantit les ressources naturelles au peuple (article 25), les populations locales peinent à en tirer des bénéfices économiques, tout en subissant les impacts environnementaux et sanitaires des projets extractifs.
Les projets pétroliers et gaziers offshore, tels que GTA et Sangomar, se superposent aux zones de pêche artisanale, essentielle pour les communautés côtières. Cette activité représente environ 53 000 emplois directs et près de 500 000 emplois indirects, avec une contribution estimée à 3 % du PIB. Pourtant, les pêcheurs font face à des restrictions d’accès aux zones traditionnelles, aux risques d’accidents en mer et à la dégradation des habitats marins. À Saint-Louis, par exemple, l’accès à des sites historiques comme Diatar est désormais limité.
Les inquiétudes se sont accrues après les incidents liés aux fuites de gaz sur le puits A02 du projet GTA. D’après le Dr Ba, les informations sur ces incidents ont été tardives et minimisées, et les effets sur la biodiversité marine largement sous-estimés. Les populations côtières restent par ailleurs peu informées des risques sanitaires liés à l’exposition aux hydrocarbures, notamment l’accumulation de métaux lourds tels que le plomb, le nickel ou le vanadium dans les poissons et crustacés, susceptibles d’entrer dans la chaîne alimentaire.







