Ce mardi 20 janvier 2026 marque le premier anniversaire du deuxième mandat de Donald Trump. Douze mois après son retour à la Maison-Blanche, le bilan de sa politique africaine apparaît contrasté mais demeure globalement marqué par un désengagement politique, une réduction de l’aide traditionnelle et une approche résolument transactionnelle des relations avec le continent.
Une Afrique toujours absente des priorités
En un an, l’Afrique ne s’est pas imposée comme un axe stratégique majeur de la diplomatie américaine. Aucune tournée présidentielle sur le continent, peu d’initiatives politiques d’envergure et une action diplomatique souvent cantonnée à des enjeux sécuritaires ou économiques ciblés. La relation Afrique–États-Unis s’est ainsi installée dans une forme de distance assumée.
Aide au développement : une rupture assumée
L’administration Trump a confirmé sa volonté de rompre avec le modèle classique de l’aide publique au développement. Plusieurs programmes historiques ont été réduits, restructurés ou réorientés, notamment dans les secteurs de la santé, de l’énergie et de l’agriculture.
Washington privilégie désormais les investissements privés, les partenariats commerciaux et les mécanismes de financement axés sur la rentabilité, au détriment des politiques sociales de long terme.
Commerce et AGOA : une incertitude persistante
Le sort de l’AGOA, pilier des échanges entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, demeure l’un des principaux sujets de préoccupation. Bien que des discussions soient engagées au Congrès, l’incertitude entourant son renouvellement fragilise plusieurs économies africaines dépendantes de l’accès préférentiel au marché américain.
Sécurité : une continuité sans vision nouvelle
Sur le plan sécuritaire, les États-Unis ont maintenu leur présence dans certaines zones stratégiques, notamment au Sahel et dans la Corne de l’Afrique. La lutte contre le terrorisme reste un axe central, mais sans stratégie régionale clairement renouvelée. La priorité accordée à la stabilité prévaut sur toute ambition de transformation politique ou institutionnelle.
Démocratie et droits humains : un discours affaibli
Contrairement aux administrations précédentes, la défense de la démocratie et des droits humains n’occupe plus une place centrale dans le discours américain à destination de l’Afrique. Washington s’est montré plus discret face aux dérives autoritaires, privilégiant des partenariats jugés utiles à ses intérêts immédiats.
Immigration : un durcissement aux effets concrets
La politique migratoire restrictive de Donald Trump a également touché plusieurs ressortissants africains, avec la suppression ou la limitation de certains dispositifs de protection. Une orientation qui a renforcé le sentiment de marginalisation du continent dans la politique étrangère américaine.
Un bilan sans ambition continentale
Un an après le début de son deuxième mandat, Donald Trump laisse en Afrique l’image d’un président peu engagé politiquement, davantage tourné vers des relations bilatérales ponctuelles que vers une vision stratégique globale.
Si certains gouvernements africains perçoivent dans cette approche une opportunité de négociation directe, beaucoup redoutent un affaiblissement durable du partenariat historique entre les États-Unis et l’Afrique.
Alioune Sow







