Le Sénégal, sous le nouveau régime de Bassirou Diomaye Faye, a fait le choix d’une transparence totale sur l’état de ses finances publiques, révélant un endettement à 132 % du PIB, largement supérieur aux chiffres précédemment communiqués. Cette démarche, saluée pour son courage et sa rigueur, n’a cependant pas encore entraîné le déblocage du programme d’aide du FMI de 1,8 milliard de dollars, suspendu depuis plusieurs mois.
La cheffe de mission du FMI, Mercedes Vera Martin, en visite à Dakar cette semaine, a entamé une mission exploratoire qualifiée davantage de « prise de contact » que de véritable étape décisive. Malgré les signaux de responsabilité du gouvernement, qui écarte toute restructuration de la dette et assure sa capacité à honorer ses engagements, le Fonds reste prudent et attentiste.
Privé du soutien attendu, l’État sénégalais se tourne vers les marchés régionaux pour financer ses besoins, souvent à des conditions moins favorables. Cette situation illustre le paradoxe de la transparence : un pays qui applique les principes de bonne gouvernance se retrouve confronté à une attente prolongée et à des tensions sur ses finances publiques, fragilisant les efforts de redressement économique et social du nouveau régime.






