Arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021 à la suite d’un coup d’État, le président guinéen Mamadi Doumbouya s’apprête à diriger le pays pour un mandat de sept ans. Son élection, intervenue en décembre dernier et peu surprenante pour de nombreux observateurs, alimente toutefois les interrogations sur une possible volonté de s’inscrire durablement au sommet de l’État.
Selon Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée, il existe un « déphasage systématique » entre les engagements pris devant le peuple au lendemain du coup d’État du 5 septembre 2021 et ce qu’il considère comme une volonté de conservation du pouvoir, matérialisée le 28 décembre 2025.
« On peut en déduire que la stratégie de maintien au pouvoir à long terme est en marche », analyse cet acteur de la société civile guinéenne.
À l’en croire, cette dynamique s’expliquerait notamment par la convergence d’intérêts de certains lobbies économiques et géostratégiques, qui verraient en Mamadi Doumbouya une opportunité inédite de mainmise sur les ressources du pays. S’y ajouterait, selon lui, une alliance politico-sociale, économique, administrative et corporative, utilisant le chef de l’État comme un instrument de promotion personnelle « sans mérite ni morale, au détriment de l’intérêt général ».
L’activiste estime toutefois que le choc entre ces ambitions et « le réveil inévitable du peuple » face à ce qu’il qualifie de « maquillage de la souffrance programmée » pourrait empêcher la réalisation d’un tel scénario.
Abdoul Sacko appelle enfin le président guinéen à « faire un pas en arrière » afin de mesurer les risques pour le pays, mais aussi pour « les valeurs humaines ancestrales et universelles », avant que la situation ne devienne, selon lui, « trop tardive ou irréparable ».
D.S. Kamara, correspondant de LNA à Conakry







