Les autorités sénégalaises ont lancé, ce jeudi, un vaste chantier de refondation des curriculums de l’éducation nationale. Cette réforme d’envergure vise à bâtir une école plus équitable, plus performante et mieux adaptée aux enjeux contemporains. Pour le ministère de l’Éducation nationale, l’objectif est de replacer les valeurs africaines, la citoyenneté, l’hygiène et la protection de l’environnement au cœur des apprentissages.
Joint par la rédaction de Nouvelles d’Afrique, Elhadji Malick Youm, secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS), salue une avancée majeure, longtemps réclamée par les organisations syndicales.
Une école jugée déconnectée des réalités nationales
Pour Elhadji Malick Youm, le constat est sans équivoque : « Aujourd’hui, l’école sénégalaise ne répond ni aux réalités du pays, ni à sa culture, encore moins aux besoins réels en matière de formation et d’éducation. » Selon lui, cette refondation constitue l’aboutissement d’une revendication syndicale ancienne. Elle s’inscrit dans la continuité des Assises nationales de l’éducation de 2014 et des États généraux de l’éducation, qui avaient déjà mis en évidence la nécessité d’un changement structurel du système éducatif.
« La refondation curriculaire n’est pas une rupture, mais une nouvelle étape qui vient compléter un processus engagé depuis plusieurs années », précise-t-il.
Repenser la vision même de l’école
Au-delà des contenus pédagogiques, le syndicaliste appelle à une transformation profonde de la conception de l’école sénégalaise. « Notre approche et notre vision de l’école doivent évoluer. Elle ne peut plus être une école importée », affirme-t-il. L’institution scolaire, selon lui, doit s’appuyer sur les besoins de la société sénégalaise, refléter la culture nationale et former un apprenant enraciné dans son environnement social et culturel.
Les langues nationales, pilier de la réforme
L’introduction des langues nationales figure parmi les axes majeurs de cette refondation. Pour Elhadji Malick Youm, l’enjeu est de « repenser les programmes, les curriculums, les médiums de transmission des savoirs, l’environnement scolaire et les méthodes d’évaluation, afin que l’éducation soit réellement adaptée aux réalités du Sénégal ».
Des défis assumés
Conscient des obstacles potentiels, le secrétaire général du SAEMS estime néanmoins que les risques ne doivent pas freiner la réforme. « Toute réforme comporte des risques, mais on ne peut pas renoncer à une transformation aussi essentielle par crainte de l’échec », souligne-t-il. Il assure que les autorités disposent de mécanismes de maîtrise des risques et s’inspirent d’expériences éducatives ayant fait leurs preuves dans des pays aujourd’hui développés.
« Cette réforme est un levier fondamental pour la transformation du capital humain. Le Sénégal a beaucoup plus à y gagner qu’à perdre », conclut-il.
Alioune Sow







