En détention depuis 8 mois, la condamnation à vingt ans de prison a fait basculer le débat politique bien au delà d’une simple procédure judiciaire. Derrière ce verdict se dessine un pays confronté à une question essentielle : comment avancer vers un véritable État de droit tout en gérant une transition politique sous haute tension ?
L’opposant, ancien Premier ministre, a été reconnu coupable de faits liés à des violences intercommunautaires meurtrières. Ses avocats dénoncent un procès façonné par des considérations politiques, tandis que des organisations internationales alertent sur un climat où la justice et le pouvoir semblent s’entrelacer dangereusement.
Plus préoccupant encore, la dégradation de son état de santé en détention, à la suite notamment d’une grève de la faim, place le gouvernement face à un enjeu humanitaire majeur. Pour un pays souvent présenté comme un partenaire sécuritaire clé dans la région, ignorer l’urgence médicale pourrait devenir un lourd fardeau diplomatique.
L’affaire Masra a également un coût intérieur : elle fragilise une jeunesse urbaine déjà frustrée, mobilise une société civile sous pression, et accroît la méfiance envers des institutions perçues comme verrouillées.
Dans un contexte où Mahamat Idriss Déby Itno tente d’asseoir sa légitimité, chaque décision prise dans ce dossier devient le miroir d’un système politique en quête de crédibilité.
Au fond, la question qui se pose est simple : le Tchad veut il apaiser son avenir ou s’enfermer dans un cycle de confrontation ?
La gestion du cas Masra pourrait bien être le test décisif qui déterminera la réponse.







