En ce mois de janvier 2026, le Soudan franchit le cap tragique de 1 000 jours de conflit. Depuis le 15 avril 2023, la guerre entre l’armée régulière (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) a transformé le pays en un épicentre mondial de douleurs.
Les chiffres du désastre
Ce qui n’était au départ qu’une lutte de pouvoir entre deux généraux est devenue, selon les Nations Unies, un « conflit d’anéantissement ». Le bilan humain, bien que difficile à établir précisément faute d’accès aux zones de combat, dépasse désormais largement les estimations initiales.
Plus de 15 millions de personnes ont quitté le pays, faisant du Soudan la plus grande crise de déplacement interne au monde. À l’intérieur, les familles s’entassent dans des camps de fortune ; à l’extérieur, le Tchad, l’Égypte et le Soudan du Sud peinent à contenir le flux de réfugiés qui ne finit pas de s’installer.
La famine comme arme de guerre
Le spectre de la faim ne plane plus : il s’est installé. Pour la première fois depuis des décennies, des poches de famine ont été officiellement confirmées au Darfour, notamment dans le camp de Zamzam.
« Le monde a 1 000 jours de retard », alertait l’ONU à Genève le 9 janvier dernier.
Aujourd’hui, 34 millions de Soudanais ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Les récoltes sont impossibles, les marchés sont pillés et l’aide internationale est systématiquement bloquée par les belligérants, transformant la nourriture en un levier de pression politique mortel.
Le Darfour et le Kordofan : théâtres de l’horreur
Si les combats font rage à Khartoum, c’est dans les régions périphériques que la violence atteint des sommets de cruauté. Au Darfour, les observateurs dénoncent un retour des méthodes de nettoyage ethnique. Plus récemment, le conflit s’est intensifié au Kordofan, où les villes de Kadugli et Dilling sont assiégées, coupant toute voie de ravitaillement pour les civils.
Le système de santé, lui, est en état de mort clinique. Plus de 70 % des infrastructures médicales ont été détruites ou occupées. Les épidémies de choléra et la malnutrition sévère frappent en priorité les 5 millions d’enfants déplacés.
Un silence international assourdissant
Malgré l’ampleur de la tragédie, le Soudan reste le parent pauvre de l’attention diplomatique et du financement humanitaire. Les initiatives de paix successives ont échoué, tandis que les livraisons d’armes étrangères continuent d’alimenter ce foyer de tensions.
Alors que le pays entre dans sa troisième année de guerre, la question n’est plus de savoir quand le conflit s’arrêtera, mais ce qu’il restera du Soudan une fois les armes tues.






