L’historien Mamadou Diouf, figure intellectuelle majeure, livre un diagnostic sévère sur l’état de la gouvernance Diomaye-Sonko. Entre rupture avortée et querelles de personnes, il dénonce un pays à la dérive.
Alors que les lampions de la nouvelle année 2026 s’allument, le regard de l’universitaire Mamadou Diouf reste sombre. Invité ce dimanche de l’émission Objection sur Sud FM, le Pr. Diouf n’a pas usé d’euphémismes pour qualifier le début de mandat du tandem au pouvoir. Pour lui, le constat est sans appel : le Sénégal se trouve à la « croisée des chemins ».
Un diagnostic sans concession : « Le rêve s’effondre »
Au-delà de la simple analyse politique, c’est un cri du cœur citoyen que pousse le professeur. Selon lui, l’élan né de la victoire de mars 2024 s’essouffle sous le poids des contradictions internes.
« Le rêve est en train de s’effondrer », lâche-t-il, déplorant que le pays s’égare dans des « petites batailles de personnes et d’intérêts particuliers » alors qu’il portait l’espoir d’un continent entier.
La rupture face au « Masla » : une fracture idéologique
Le Pr. Diouf identifie une ligne de faille sismique au sein de la majorité. Ce n’est plus seulement le pouvoir contre l’opposition, mais une lutte intestine entre deux visions du Sénégal. Un camp réclamant une « rupture totale et une reddition des comptes sans complaisance » et un groupe qui prône la continuité dans le « massla » (le compromis social sénégalais) au nom de la stabilité.
Cette tension, selon l’historien, isole le noyau dur du Pastef des autres alliés de la coalition présidentielle, créant une instabilité chronique au sommet de l’État.
Un duel inévitable : « un vainqueur et un vaincu »
L’analyse de Mamadou Diouf devient plus incisive lorsqu’il évoque l’avenir du duo exécutif. Pour lui, la cohabitation des styles et des agendas entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko semble atteindre un point de non-retour. L’issue de cette « bataille autour de personnes » ne pourra pas être consensuelle :
« Dans cette opposition, il y aura un vainqueur et un vaincu. »







