Imaginez la scène : match RDC-Bénin. Le défenseur congolais Chancel Mbemba touche le ballon de la main dans la surface. Le stade retient son souffle, l’arbitre porte la main à l’oreillette… et là, rien. Silence radio. La VAR vient de tomber en panne !
Pendant 15 minutes, le football moderne est redevenu ce qu’il était autrefois : un sport livré à la seule intuition d’un homme. Entre frustration et nostalgie, cet incident ouvre la première grosse polémique de cette CAN 2025.
Au fond qu’est ce que la VAR?
La Video Assistant Referee ou l’assistance à l’arbitrage vidéo (Var) ce système censé traquer l’erreur humaine, est devenue l’arbitre suprême du football moderne. Son objectif est simple : diminuer les erreurs manifestes et les comportements antisportifs. Pourtant, son champ d’action reste strictement limité à quatre scénarios critiques :
- Valider un but (hors-jeu, faute préalable) ;
- Confirmer un penalty ;
- Justifier un carton rouge direct ;
- Vérifier l’identité d’un joueur sanctionné.
Si l’arbitre central reste le « seul maître à bord », il dispose désormais d’un coup de main à condition que l’électricité et le logiciel ne fassent pas défaut.
Découverte par le grand public lors du Mondial 2018, la technologie s’est rapidement imposée sur le continent africain. La CAF l’a introduite progressivement, d’abord lors de la finale de la Ligue des Champions, puis dès les quarts de finale de la CAN 2019. Aujourd’hui, elle est la norme, de l’Euro aux championnats nationaux les plus prestigieux.
Le camp des détracteurs
Malgré un taux d’approbation qui frôlait les 85 % à ses débuts, la VAR ne fait plus l’unanimité. Michel Platini, l’un de ses plus féroces opposants, ne mâche pas ses mots :
« La VAR ne règle pas les problèmes, elle les déplace. »
Pour ses critiques, la technologie dénature l’essence même du jeu. Elle brise le rythme, transforme les célébrations de buts en attentes angoissantes et efface cette part d’imperfection qui nourrit la légende du football.
La fin des légendes ?
Au fond, la VAR est une machine à effacer les mythes. On peut légitimement se poser la question : avec une telle technologie, la célèbre « Main de Dieu » de Maradona en 1986 aurait-elle seulement existé ?
Le football serait sans doute plus juste, plus propre, plus « scientifique ». Mais serait-il aussi beau sans ses polémiques éternelles, ses débats de supporters au café du coin et ce suspense qui naît de l’erreur humaine ? Lors de ce RDC-Bénin, le silence de la machine nous a rappelé une chose : le football appartient, avant tout, à ceux qui le vivent avec leurs entrailles, pas à ceux qui le regardent sur un écran.







