Les Guinéens votent pour clore une transition qui dure depuis 2021. Transition ? Disons plutôt un marathon où Mamadi Doumbouya court seul… et gagne à chaque foulée. L’ancien officier de la Légion étrangère, devenu chef de la junte, est favori. Normal : quand on écrit les règles, on finit rarement dernier.
Acte 1 : Alpha Condé, merci pour le service
En 2021, Doumbouya débarque avec ses bérets rouges et son sourire de commandant. Alpha Condé, accro au troisième mandat, sort par la petite porte. Le peuple applaudit, la communauté internationale fait semblant de chercher ses lunettes. Mamadi promet une transition. Traduction : “Je garde les clés.”
Acte 2 : La Constitution, édition luxe
Au départ, les militaires n’avaient pas le droit de se présenter. Mais en Guinée, les interdits ont une durée de vie plus courte qu’un tweet. Référendum en septembre 2025 : hop, nouvelle Constitution, Mamadi devient candidat “indépendant”. Indépendant… comme un poisson dans son aquarium.
Acte 3 : Silence, on muselle
Opposants exilés, partis suspendus, médias fermés, activistes disparus… La Guinée, c’est Hollywood version autoritaire : casting réduit, dialogues censurés. Même Africa 24 vient de se faire couper le son pour “exercice illégal de la profession”. Breaking news : la liberté de la presse est en vacances… sans date de retour.
Bonus track : influenceurs et Koffi Olomide
Pour faire passer la pilule, Mamadi sort la playlist : youtubeurs africains et Koffi Olomide en guest star. Parce qu’une présidentielle sans ambiance, c’est comme un coup d’État sans communiqué : ça manque de groove.
La morale ?
Mamadi Doumbouya veut transformer sa légitimité de fait en légitimité de droit. Les ONG crient à la dérive autoritaire, mais la communauté internationale compte les tonnes de bauxite et fredonne : “Simandou, mon amour”.
Ce dimanche, les urnes parleront. Mais en Guinée, on sait déjà qui a écrit le scénario… et qui tient la télécommande.
B.B



