Le fléau du trafic clandestin d’organes humains à des fins rituelles, déjà profondément enraciné en Sierra Leone, étendrait ses tentacules au-delà des frontières. Une enquête de BBC Africa Eye révèle l’existence de réseaux transnationaux, qui affirment cibler le Sénégal et la Guinée pour leurs activités macabres, profitant d’une demande prétendument alimentée par des personnalités politiques en quête de pouvoir.
L’investigation a mis en lumière un « guérisseur » se faisant appeler Kanu, rencontré près de la frontière guinéenne. L’homme, qui opérait dans un sanctuaire isolé, s’est vanté d’avoir des clients et des connexions politiques de haut rang dans toute la région.
« Je travaillais avec de très hauts responsables politiques en Guinée, au Sénégal et au Nigeria. Nous avons notre équipe. Parfois, pendant les périodes électorales, la nuit, cet endroit est plein de monde », a-t-il affirmé sans ambages à un membre de l’équipe infiltré.
Ces déclarations, que la BBC n’a pu vérifier de manière indépendante, sont glaçantes, suggérant que l’ambition politique dans les deux pays voisins pourrait être directement liée à des enlèvements et des sacrifices humains. La période électorale est d’ailleurs perçue comme un pic de danger, les parents étant appelés à une vigilance accrue contre les risques d’enlèvements.
Kanu, proposant des membres de femme pour un rituel au prix de $3 000, n’a pas hésité à exhiber ce qu’il prétendait être des preuves de son commerce, notamment un crâne humain séché, soulignant l’horreur concrète de ce marché noir de la chair humaine.
Cette enquête sonne l’alarme sur l’urgence d’une coopération régionale accrue entre les forces de l’ordre du Sénégal et de la Guinée pour démanteler ces réseaux qui prospèrent sur la superstition et la soif de pouvoir, laissant derrière eux une traînée de tragédies impunies.







