À deux jours de la présidentielle, le landerneau politique camerounais bouillonne. Après les menaces de mort, dont il a affirmé faire l’objet, le principal challenger de Paul Biya, Issa Tchiroma Bakary, candidat consensuel de l’UPC 2025, est au centre d’une nouvelle menace.
Des militants du RDPC de Paul Biya plaident pour le retrait de la candidature de l’opposant à la présidentielle, l’accusant de remettre en cause l’unité de l’État. Issa Tchiroma Bakary est surtout soupçonné par le camp Biya de vouloir s’autoproclamer vainqueur du scrutin de dimanche.
Dans cette ambiance électrique, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a averti qu’aucun candidat ne doit se proclamer vainqueur avant l’annonce officielle du Conseil constitutionnel. Il a même menacé de poursuites judiciaires en cas de perturbation du scrutin.
Cette déclaration vise indirectement Issa Tchiroma Bakary, qui a tenu un meeting massif à Maroua, appelant ses partisans à « défendre leur vote » et à surveiller le dépouillement. Son équipe a signalé une suspension de ses comptes sur les réseaux sociaux, sans explication.
De nombreux experts et analystes électoraux prédisent qu’une grande partie de la bataille présidentielle se jouera dans le septentrion camerounais, un vivier électoral important avec une population éprouvée par la pauvreté, les attaques armées du groupe Boko Haram et les promesses non tenues du pouvoir.
Le Grand Nord, c’est trois régions de plus de 35 % de l’électorat, avec une population qui revendique une résilience à nulle autre pareille. Et ça sera un peu difficile pour le régime de tenir face à différentes sensibilités politiques, à une population volumineuse et à une certaine détermination du changement.
Le scrutin présidentiel se jouera entre Issa Tchiroma, qui s’affirme comme le candidat du peuple, et Paul Biya, présenté comme le candidat de l’establishment.







