L’Achoura est l’un des nombreux sujets de discorde entre musulmans en Guinée. Si elle est une fête pour certains, c’est l’inverse pour d’autres. Critiquer sa célébration peut être fatal pour l’auteur. C’est ce qui est arrivé à un maître coranique à Mitty, une localité de la préfecture de Dalaba.
Ousmane Barry a dû écourter son séjour. 48 heures après son arrivée, il a assisté à une réunion organisée par la notabilité pour discuter des préparatifs de la célébration de l’Achoura.
C’est lors de ce rendez-vous qu’il a tenu des propos jugés « offensants ». Il a d’abord qualifié l’Achoura de « fausse fête ». Puis, il a affirmé que sa célébration est « sans fondement ». Enfin, il a avancé que les seules fêtes reconnues en islam sont l’Aïd el-Fitr (Ramadan) et l’Aïd el-Kebir (Tabaski).
Cette prise de parole a choqué la notabilité, ce qui a poussé certains jeunes présents à la réunion le rouer de coups. Estimant qu’ils ne l’ont pas suffisamment battu, car la notabilité les en ayant empêchés, ils ont menacé de l’attaquer à nouveau plus tard, dans un autre endroit où ils seraient libres de lui faire regretter amèrement ses paroles.
Le maître coranique a pris la menace au sérieux. Peu après, il a quitté pour Conakry, où il enseigne le Coran dans un centre islamique situé à Koloma, un quartier de banlieue.
L’Achoura n’est plus un événement majeur à Conakry, la capitale. Cependant, elle reste très appréciée dans les zones rurales.