Le report des élections communales et législatives du 24 au 31 mai 2026 continue de susciter des réactions au sein de la classe sociopolitique guinéenne. Si certains saluent une décision « réaliste », d’autres estiment que la nouvelle date reste problématique.
Initialement prévu le 24 mai, le double scrutin a été décalé d’une semaine par décret présidentiel. Une décision bien accueillie par le président du Bloc libéral, Oumar Sanoh, qui rappelle que son parti avait déjà soulevé cette contrainte liée au calendrier religieux.
« Cette éventualité avait été anticipée, notamment en raison de la coïncidence avec une importante célébration chrétienne. Organiser des élections à une date aussi sensible pouvait compromettre la participation. On ne peut qu’accepter ce report », a-t-il déclaré.
Pour autant, ce réaménagement ne fait pas l’unanimité. Du côté de la société civile, des réserves sont exprimées quant au choix du 31 mai. Le coordinateur de la CONAPAID, Ibrahima Aminata Diallo, pointe un autre risque lié cette fois à la fête de Tabaski, période marquée par de nombreux déplacements à l’intérieur du pays.

« Nous acceptons le report, mais le 31 mai pose aussi problème. À l’approche de la Tabaski, beaucoup de citoyens quittent les grandes villes. Il aurait été préférable d’envisager une date dans la première quinzaine de juin », a-t-il suggéré.
Au-delà des positions divergentes, plusieurs acteurs appellent les autorités à mieux anticiper ce type de situation à l’avenir. Oumar Sanoh insiste notamment sur la nécessité d’intégrer les réalités socioculturelles dans la planification électorale.
« Le calendrier électoral doit tenir compte des réalités religieuses et sociales du pays afin de garantir une participation inclusive », a-t-il plaidé.
Pour rappel, la date initiale du 24 mai coïncidait avec la Pentecôte, une fête chrétienne majeure. L’Église anglicane de Guinée avait d’ailleurs officiellement sollicité le report du scrutin.
Ce nouvel ajustement du calendrier électoral, bien qu’apaisant certaines tensions, relance ainsi le débat sur l’organisation des élections en tenant compte des sensibilités religieuses et des dynamiques sociales du pays.







