Les États‑Unis opèrent un tournant diplomatique au Sahel : après des années de sanctions et de distance, l’administration Trump choisit désormais une stratégie d’engagement avec les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, privilégiant la sécurité et l’accès aux ressources stratégiques plutôt que la promotion de la démocratie.
Selon Nick Checker, responsable Afrique au département d’État, Washington doit « composer avec le monde tel qu’il est » et ne nourrit plus l’illusion de pouvoir imposer des modèles démocratiques à ces États. L’objectif : réparer un “déficit de confiance” né sous l’administration Biden, accusée d’avoir adopté une approche trop moralisatrice.
Les trois pays, désormais proches de la Russie, s’ouvrent prudemment à une reprise de coopération sécuritaire, notamment en matière de renseignement, malgré la concurrence de Moscou et Pékin. Washington cherche aussi à obtenir la libération d’un missionnaire américain enlevé à Niamey et supposément détenu au Mali.
Sur le plan économique, les juntes se montrent réceptives aux investissements américains : Flagship Gold Corp. a signé un accord pour reprendre une mine d’or au Mali et au Niger, des entreprises liées à des capitaux américains — comme Global Atomic (uranium), Starlink ou ATC Niger — renforcent leur présence.
Mais certains experts, dont Ebenezer Obadare (CFR), mettent en garde contre une politique à courte vue, centrée sur le business et les minerais, au risque d’ignorer les enjeux de gouvernance et de stabilité à long terme.







