À l’approche de la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU, une information largement relayée sur les réseaux sociaux affirme que l’ancien président sénégalais Macky Sall arriverait en tête d’un mystérieux sondage international. Mais derrière l’effet d’annonce, la crédibilité de cette enquête soulève de sérieuses questions.
Le document, attribué à une entité appelée Holding Price Limited, affirme que Macky Sall recueillerait 38,6 % des intentions de vote, devant Michelle Bachelet (24,2 %), Rafael Grossi (21,7 %) et Rebeca Grynspan (15,5 %). L’étude prétend avoir interrogé “plus de 800 décideurs, diplomates et experts” à travers le monde.
Mais plusieurs éléments intriguent : aucune trace institutionnelle ou méthodologique solide de ce cabinet supposé ; aucune publication officielle confirmant l’existence du sondage et un processus électoral de l’ONU qui ne repose jamais sur des sondages.
Rappel : comment est choisi le secrétaire général de l’ONU ?
Contrairement à une élection démocratique classique, la désignation du secrétaire général ne dépend pas d’un vote populaire, encore moins d’un sondage d’opinion.
Le processus est clair : le Conseil de sécurité recommande un candidat et l’Assemblée générale valide cette recommandation.
Ce mécanisme, essentiellement diplomatique, repose sur des équilibres géopolitiques, des négociations discrètes et des rapports de force entre grandes puissances. Autrement dit : aucun sondage ne peut refléter — ni influencer — de manière fiable ce processus.
Une bataille diplomatique, pas une course électorale
Si le nom de Macky Sall circule effectivement parmi les personnalités évoquées pour succéder à Guterres, il figure dans une liste bien plus large comprenant d’anciens chefs d’État, diplomates de haut niveau ou dirigeants d’institutions internationales.
Toutefois, à ce stade : la compétition reste informelle, aucun candidat ne s’est officiellement déclaré, et les grandes capitales (Washington, Pékin, Moscou, Paris, Londres) n’ont donné aucun signal public.
Dans cet environnement feutré, la viralité d’un sondage non vérifié relève davantage de la communication ou de l’intox que d’un réel baromètre diplomatique.
Conclusion : prudence face aux chiffres qui circulent
L’annonce d’un sondage plaçant Macky Sall en tête ne repose sur aucune base crédible.
Si son nom fait partie des profils régulièrement cités, comme d’autres, il n’existe aujourd’hui aucune source fiable permettant de mesurer un quelconque “niveau de soutien” international.
La bataille qui s’annonce ne se jouera ni dans l’opinion publique ni dans les enquêtes, mais dans les coulisses diplomatiques, là où se fabriquent les consensus et se décident les destins à la tête de l’ONU.







