Au lendemain de l’attaque d’une église dans l’État de Kaduna, une controverse oppose l’armée nigériane à des responsables religieux et des habitants.
Dimanche, l’armée a affirmé avoir secouru 31 civils enlevés lors de l’assaut, tout en faisant état de cinq morts. Une version aussitôt contestée.
« Il n’est pas juste d’affirmer que les victimes ont été secourues »
La Christian Association of Nigeria rejette catégoriquement ces déclarations. Son responsable pour le nord, John Joseph Hayab, nuance les efforts des forces armées tout en contestant leur communication :
« Les militaires font de leur mieux pour obtenir leur retour, mais il n’est pas juste d’affirmer que les victimes ont été secourues »
Il met en garde contre les conséquences d’informations jugées inexactes, estimant qu’elles pourraient compliquer la situation sécuritaire.
Sur le terrain, plusieurs témoignages convergent vers un démenti. L’association de développement de Kurtumi qualifie la version militaire d’« entièrement fausse » et « trompeuse ».
Même son de cloche du côté de l’ancien chef du village d’Ariko, Iliya Audu, qui affirme qu’aucun otage n’a été libéré et que les funérailles ont déjà eu lieu :
« Nous revenons tout juste de l’enterrement des personnes tuées. Pas une seule âme n’a été sauvée »
Il avance également un bilan plus lourd, évoquant sept morts, contre cinq annoncés par l’armée.
Face à ces contestations, l’armée nigériane n’avait pas réagi, laissant persister le flou autour du bilan réel de l’attaque.
Cette affaire ravive les interrogations sur la communication des autorités sécuritaires au Nigeria, dans un contexte déjà marqué par des critiques récurrentes.
Avec Africanews







