Il y a 42 ans, le 3 avril 1984, la Guinée entrait dans une nouvelle ère politique. Quelques jours après la disparition de Ahmed Sékou Touré, un coup d’État militaire mettait fin à plus de deux décennies de régime du PDG-RDA.
La fin d’un régime, le début d’une transition
Après le décès d’Ahmed Sékou Touré à Cleveland, un pouvoir intérimaire est brièvement installé. Mais le 3 avril, l’armée prend le contrôle du pays.
À sa tête, le colonel Lansana Conté et le Comité militaire de redressement national annoncent la fin du système politique en place depuis l’indépendance.
Dans leur premier message à la nation, les nouvelles autorités dénoncent une gestion autoritaire et promettent « plus de liberté et de justice ».
Espoirs et incertitudes
Dans les jours qui suivent, plusieurs prisonniers politiques sont libérés, suscitant un vent d’espoir au sein de la population. À Conakry, des scènes de liesse sont observées.
Mais cette rupture ne fait pas l’unanimité. Si certains saluent la fin d’un régime jugé répressif, d’autres redoutent une période d’instabilité et l’émergence de nouveaux défis, notamment la corruption et la mauvaise gouvernance.
L’ère Conté et ses réformes
Au fil des années, Lansana Conté consolide son pouvoir. Dans les années 1990, il engage des réformes importantes, dont l’instauration du multipartisme et une ouverture relative de l’espace médiatique.
Affaibli par la maladie et confronté à de fortes contestations sociales en 2006 et 2007, il met en place un gouvernement de consensus avant de disparaître en décembre 2008.
Plus de quatre décennies après, le 3 avril 1984 demeure une date charnière dans l’histoire de la Guinée. Entre rupture salutaire pour certains et début de nouvelles dérives pour d’autres, cet épisode continue d’alimenter les débats sur l’évolution politique du pays.







