Le mandat du président nigérien déchu Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’État le 26 juillet 2023, s’achève officiellement ce 2 avril 2026. Plus de deux ans et demi après son renversement, l’ancien chef d’État demeure détenu par la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tiani, sans perspective de libération ni de procès.
Élu en 2021 avec 55 % des voix, Mohamed Bazoum n’a jamais accepté de démissionner depuis son arrestation. Ses avocats jugent que la date de fin officielle de son mandat « n’a plus de valeur », estimant que son exercice du pouvoir a été interrompu de force.
« Le 2 avril ne sera pas la fin de son mandat », affirme Me Moussa Coulibaly, membre du collectif qui défend l’ancien président. Selon lui, si Bazoum était rétabli dans ses fonctions, la période durant laquelle il a été détenu « ne devrait pas être décomptée ».
Une lecture que tempère le politologue Valéry Ntwali, spécialiste des transitions militaires en Afrique subsaharienne. Pour lui, la suspension de la Constitution après le coup d’État a fait perdre à Bazoum toute base légale, et la fin du mandat vient désormais entamer ce qui lui restait de légitimité politique.
La charte de transition renforce le pouvoir militaire
Depuis la prise de pouvoir, la junte a instauré une charte de transition, adoptée en mars 2025. Ce texte lui permet de conserver les commandes du pays pour cinq ans supplémentaires, renouvelables, sans organisation d’élections. Le Niger reste ainsi engagé dans une transition militaire dont l’issue demeure incertaine.
Un procès improbable et une détention inchangée
L’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum a été levée en 2024. Cependant, ses avocats jugent peu probable qu’un procès soit organisé à court terme.
Selon Me Mohamed Seydou Diagne, un autre de ses conseillers, la junte considère plutôt l’ancien président comme un « bouclier humain », redoutant que sa disparition ne serve de prétexte à une intervention militaire extérieure — une hypothèse envisagée, un temps, par plusieurs pays ouest africains.
Depuis près de trois ans, Bazoum reste détenu dans une aile du palais présidentiel, sans fenêtres, sans sorties, et n’a droit qu’aux visites de son médecin.







