Le président de l’Association guinéenne pour la Transparence, Oumar Kana Diallo, tire la sonnette d’alarme sur les faiblesses du dispositif de lutte contre la corruption en Guinée. Il dénonce notamment un déficit de coordination entre les différentes institutions engagées dans ce combat.
Selon lui, le pays dispose pourtant de plusieurs structures dédiées à la bonne gouvernance, parmi lesquelles l’ORDEF, la Cour des comptes, l’Inspection générale d’État ou encore l’Inspection générale des finances. Mais cette multiplicité d’acteurs ne produit pas les résultats escomptés.
« Vous avez une floraison d’institutions, mais il y a un manque de coordination des différentes activités », a-t-il déploré, estimant que cette situation limite l’efficacité des actions engagées contre la corruption.
Pour Oumar Kana Diallo, l’absence de mécanismes efficaces et d’outils adaptés entraîne des conséquences directes sur la gestion des ressources publiques. « Cela fait qu’il y a une déperdition des fonds qui sont alloués au secteur public », a-t-il expliqué, appelant les autorités à prendre des mesures concrètes pour renforcer la gouvernance.
Il a également évoqué les insuffisances du cadre légal actuel, notamment la loi adoptée en 2017 sur la lutte contre la corruption. Bien que ce texte contienne des dispositions importantes, il présente, selon lui, certaines limites. Une révision est d’ailleurs en cours au niveau du Conseil national de la transition.
Par ailleurs, le président de l’association guinéenne pour la transparence pointe des faiblesses spécifiques au niveau de l’Agence nationale de lutte contre la corruption. « C’est une agence qui est dépourvue d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption », a-t-il affirmé, ajoutant que plusieurs dispositifs juridiques liés à la transparence, au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme restent peu appliqués.
Face à ces constats, l’acteur de la société civile appelle à une réforme en profondeur du système, afin de doter le pays d’outils plus efficaces pour lutter contre la corruption et garantir une meilleure utilisation des ressources publiques au bénéfice des citoyens.







