Le Premier ministre Amadou Oury Bah a procédé, vendredi 27 mars 2026, à l’inauguration de la toute première usine pharmaceutique du pays. Implantée à Moribaya, dans la préfecture de Forécariah, cette infrastructure marque une étape importante dans la politique d’industrialisation et de renforcement du système de santé.
Baptisée MEDNEX Africa, l’usine s’étend sur une superficie de 6 000 m² et a nécessité un investissement d’environ 4 millions de dollars. Elle résulte d’un partenariat entre des investisseurs guinéens, indiens et libanais, avec pour objectif principal la production de médicaments génériques destinés à répondre à la demande nationale à moindre coût, tout en visant les marchés de la sous-région.
Présente à la cérémonie, la ministre de la Santé, Khaïté Sall, a souligné que le développement d’une production locale de médicaments constitue un levier majeur pour améliorer l’accès des populations à des traitements « de qualité, disponibles et à moindre coût ».
De son côté, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, a insisté sur la portée économique du projet. Selon elle, cette unité industrielle illustre la volonté des autorités de renforcer le tissu productif national et de positionner la Guinée comme un futur pôle de production pharmaceutique dans la sous-région.
Prenant la parole, le chef du gouvernement a qualifié cette réalisation de « symbole fort de souveraineté », rappelant que « la souveraineté commence par être capable de se nourrir, ensuite de se soigner ». Il a salué l’engagement des investisseurs et mis en avant l’importance de bâtir une économie diversifiée, créatrice d’emplois et tournée vers la compétitivité.
Au-delà de cette inauguration, les autorités entendent s’appuyer sur ce type d’initiatives pour réduire la dépendance du pays aux importations de médicaments. Cette ambition s’inscrit dans la dynamique du programme Simandou 2040, qui vise à transformer la Guinée en un pays producteur et exportateur.
Le gouvernement espère également mieux encadrer un secteur longtemps marqué par la prolifération de pharmacies informelles et de sociétés importatrices. Sous l’impulsion de l’ancien ministre de la Santé Oumar Diouhé Bah, plusieurs mesures avaient été engagées pour assainir le marché, notamment la réduction du nombre d’opérateurs et la fermeture de points de vente non conformes.
Avec l’entrée en service de cette usine, la Guinée franchit ainsi un cap dans sa stratégie visant à garantir un accès durable aux médicaments et à renforcer sa souveraineté sanitaire.







