L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen a exprimé, ce samedi 28 mars 2026 à Conakry, de vives inquiétudes face aux dysfonctionnements persistants du système judiciaire guinéen. Lors d’une conférence de presse, l’organisation a notamment dénoncé les difficultés d’accès à la justice et le recours excessif à la détention préventive.
Son président a dressé un tableau préoccupant de la situation. Selon Me Alpha Amadou DS Bah, « l’accès à la justice est un défi majeur dans notre pays », pointant des obstacles à la fois économiques, sociaux et culturels. Il a particulièrement insisté sur la vulnérabilité des citoyens les plus démunis, souvent incapables de s’offrir les services d’un avocat. « Tant qu’il n’y a pas un avocat pour assister une personne en détention préventive, il n’est impossible de tenir le procès », a-t-il regretté.
L’OGDH rappelle que « le droit à la justice est un droit fondamental », consacré aussi bien par la Constitution guinéenne que par les textes juridiques nationaux et internationaux. À ce titre, l’organisation estime que des efforts doivent être fournis pour garantir un accès plus équitable et efficace à l’appareil judiciaire.
Parmi les principales préoccupations soulevées figure également le recours jugé « systématique » à la détention préventive. Une pratique qui, selon Me DS Bah, conduit à maintenir en prison des personnes qui devraient, en principe, comparaître libres en attendant leur jugement. « Des personnes se retrouvent de façon très prolongée en détention », a-t-il dénoncé.
À cela s’ajoute la lenteur des procédures judiciaires, autre point noir du système. L’OGDH évoque des cas extrêmes où certains justiciables peuvent passer entre 8 et 13 ans en détention préventive avant d’être jugés, une situation qualifiée d’« extrêmement grave ».
Ces difficultés sont observées dans plusieurs juridictions, notamment à Kaloum, Mafanco et Dixinn à Conakry, mais aussi à l’intérieur du pays, comme à Kindia. L’organisation souligne que les affaires criminelles sont particulièrement concernées, les personnes vulnérables ayant davantage besoin d’une assistance juridique dans ce type de dossiers.
Le volume des dossiers en attente illustre également l’ampleur du problème. Plusieurs dizaines d’affaires criminelles et correctionnelles restent en souffrance dans différentes juridictions, contribuant à l’engorgement des tribunaux.
Face à cette situation, l’OGDH interpelle directement les autorités judiciaires, notamment le garde des Sceaux, afin que des mesures concrètes soient prises pour corriger ces dysfonctionnements et restaurer la confiance des citoyens dans la justice.







