La justice malienne a condamné, lundi 23 mars 2026, le journaliste Youssouf Sissoko à deux ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de francs CFA. Une décision qui suscite de vives réactions dans les milieux médiatiques et au sein des organisations de défense de la liberté de la presse.
Directeur de publication du journal L’Alternance, il était poursuivi après la publication d’un article remettant en question des déclarations du président nigérien Abdourahamane Tiani. Ce dernier avait accusé plusieurs chefs d’État, dont ceux de la France, du Bénin et de la Côte d’Ivoire, d’être impliqués dans une attaque contre l’aéroport de Niamey fin janvier, revendiquée par des groupes jihadistes.
Jugé par le pôle spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité, Youssouf Sissoko a été reconnu coupable notamment d’« atteinte au crédit de l’État », « offense à un chef d’État étranger » et « diffusion de fausses informations ». Selon plusieurs sources, il aurait accueilli le verdict avec calme et envisage de faire appel.
Cette condamnation a rapidement fait réagir des journalistes et acteurs du secteur. Certains dénoncent une décision qui reflète, selon eux, une pression croissante sur les médias dans le pays. « Une journée bien triste pour la presse malienne », confie un professionnel des médias, estimant que cette affaire illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les journalistes dans le contexte actuel.
Dans un communiqué, l’Association malienne des éditeurs de presse privée a exprimé sa « profonde indignation », qualifiant cette décision de recul pour la liberté d’expression et appelant les professionnels des médias à rester « solidaires et mobilisés ».
De son côté, Reporters sans frontières dénonce une « violation grave de la liberté de la presse », évoquant une mesure qui s’inscrirait dans une tendance plus large de restrictions visant les voix critiques dans les pays de l’Alliance des États du Sahel.
Depuis plusieurs années, les organisations de défense des droits humains alertent sur une dégradation du climat médiatique au Mali, marquée par des poursuites judiciaires visant journalistes, acteurs de la société civile et figures politiques.







