Nouveau rebondissement judiciaire au Cameroun. La Cour suprême a annulé, ce 19 mars 2026, la décision confirmant la condamnation à la prison à vie de Sisiku Ayuk Tabe Julius et de ses coaccusés, ouvrant ainsi la voie à un nouveau procès.
Selon l’avocat Akere Muna, la plus haute juridiction du pays a cassé l’arrêt rendu par la Cour d’appel du Centre, qui avait validé en 2020 la peine prononcée en première instance contre le leader séparatiste et les membres du groupe dit des « NERA 10 ».
La Cour suprême, présidée pour cette audience par la magistrate Marie Louise Abomo, a relevé une irrégularité dans la procédure, justifiant l’annulation de la décision. L’affaire est désormais renvoyée devant la même juridiction d’appel, mais avec une nouvelle composition, pour être rejugée dans son intégralité.
Arrêtés en 2018 au Nigeria avant d’être extradés vers le Cameroun, Sisiku Ayuk Tabe Julius et ses coaccusés avaient été condamnés en 2019 par le tribunal militaire de Yaoundé pour des faits liés à la sécession, au terrorisme et à l’atteinte à la sûreté de l’État.
Ils sont considérés comme des figures du mouvement séparatiste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en proie depuis plusieurs années à un conflit armé opposant groupes indépendantistes et forces gouvernementales.
Selon les estimations des Nations unies, cette crise a déjà fait plus de 6 000 morts, provoqué plus de 600 000 déplacés internes et contraint des dizaines de milliers de personnes à se réfugier, notamment au Nigeria.







