En Guinée, des acteurs de la monnaie électronique affirment faire face à des menaces dans un contexte marqué par la crise de liquidité qui touche le pays. Le Syndicat des acteurs de la monnaie électronique de Guinée évoque notamment des accusations relayées sur les réseaux sociaux contre certains points de vente.
Joint par notre rédaction ce vendredi 13 mars 2026, le secrétaire général du syndicat, Amadou Yéro Diallo, indique que plusieurs opérateurs sont accusés de refuser les retraits pour des considérations ethniques. Des allégations qu’il rejette.
Selon lui, des responsables de points de vente dans plusieurs localités auraient reçu des menaces après ces publications. « Aujourd’hui, nous vivons dans une situation très critique. Des personnes mettent la vie des points de vente en danger et vont jusqu’à stigmatiser une communauté », affirme-t-il.
Il cite notamment des cas signalés à Forécariah, Gbèssia, N’Zérékoré, Dabola, Labé, Kindia et Coyah, où certains opérateurs craindraient des représailles de la part de clients qui ne parviennent pas à retirer de l’argent.
Le responsable syndical explique que les points de vente sont eux aussi confrontés au manque de billets. « Pourquoi refuser un retrait à un client ? C’est parce que nous n’avons pas de cash. Nous n’avons pas de liquidité avec nous. Là où les banques sont frappées, ce ne sont pas nous les points de vente qui serons à l’abri », soutient-il.
La crise de liquidité affecte également les revenus de ces opérateurs, ajoute-t-il. Selon Amadou Yéro Diallo, certains points de vente qui pouvaient générer entre deux et trois millions de francs guinéens par mois n’atteindraient plus aujourd’hui 300 000 francs.
Face à cette situation, plusieurs opérateurs seraient contraints de suspendre leurs activités faute de liquidités disponibles pour effectuer les retraits.
Le secrétaire général du syndicat indique enfin que deux plaintes ont déjà été déposées à la brigade de recherche contre des personnes accusées de menaces. Une troisième plainte devait être enregistrée ce vendredi, selon lui.







