Un soldat sénégalais a été tué et six autres blessés lors d’une opération militaire menée en Casamance, dans le sud du Sénégal, a annoncé l’armée jeudi soir. L’accrochage s’est produit mercredi dans la zone de Kadialock, près de la frontière avec la Gambie, alors qu’un détachement participait à une mission de destruction de champs de chanvre indien.
Selon la Direction des relations publiques des armées (Dirpa), les militaires ont été pris pour cible par un groupe d’individus armés. Le bilan fait état d’un soldat mort, six blessés, et de « plusieurs assaillants neutralisés ».
L’armée poursuit actuellement ses opérations pour « lutter contre la culture du chanvre », « traquer toute bande armée » et « sécuriser les populations locales et leurs biens ».
La Casamance, séparée du reste du Sénégal par la Gambie, est secouée depuis 1982 par une rébellion indépendantiste conduite par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le conflit a fait des milliers de morts, déplacé des populations et profondément affaibli l’économie de la région.
Les combattants indépendantistes — souvent accusés de trafics de bois et de cannabis — se réfugient régulièrement en Gambie ou en Guinée-Bissau pour échapper aux opérations militaires sénégalaises.
Des opérations régulières contre les trafics et les groupes armés
L’armée sénégalaise mène fréquemment des opérations de ratissage pour détruire les cultures illicites et empêcher des attaques contre les civils. Ces interventions ont, ces dernières années, conduit à la destruction de plusieurs bases rebelles, notamment près de la frontière avec la Guinée‑Bissau, et permis la réinstallation progressive de certaines familles déplacées.
En février 2025, les nouvelles autorités sénégalaises et des représentants indépendantistes ont signé à Bissau un « accord important » censé ouvrir la voie à une paix durable en Casamance. Il s’agissait du premier dialogue public entre les deux parties depuis l’élection des nouvelles autorités en mars 2024.
Avant cela, le dernier accord connu remontait à août 2022, également à Bissau, entre l’État sénégalais et le chef rebelle César Atoute Badiate, condamné à la prison à vie par contumace.
Une stabilité encore loin d’être garantie
L’affrontement meurtrier de Kadialock rappelle malgré tout la persistance de foyers de tension dans cette région où trafics transfrontaliers, bandes armées et revendications indépendantistes continuent de se mêler.
L’armée affirme maintenir la pression pour empêcher une résurgence de la violence, tandis que les populations locales espèrent que les engagements politiques récents permettront de consolider une paix tant attendue.







