La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a ordonné, jeudi 5 mars 2026, la libération provisoire de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana pour des raisons de santé. Une décision qui a suscité des réactions contrastées parmi les avocats de la défense et de la partie civile.
Du côté de la défense, la décision est accueillie avec soulagement. Me Dina Sampil rappelle que plusieurs démarches avaient déjà été entreprises pour obtenir la remise en liberté de son client.
« Cela fait cinq ans aujourd’hui qu’Ibrahima Kassory était en détention. Il n’y a pas de demande qui n’avait pas été formulée auparavant. Nous avons tout essayé. Aujourd’hui, Dieu a voulu qu’il recouvre sa liberté, même si c’est de façon provisoire », a-t-il déclaré.
L’avocat est également revenu sur les charges retenues contre l’ancien chef du gouvernement.
« La Cour, en première instance, a reconnu un montant de 15 milliards à sa charge. Ce qui veut dire que les infractions de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite ne sont pas retenues. Il s’agit seulement du détournement », a-t-il soutenu.
De son côté, la partie civile affirme ne pas s’opposer à cette remise en liberté. Me Ceécé Antoine Lamah explique que la demande a été introduite par le procureur spécial après un rapport de l’administration pénitentiaire évoquant l’état de santé de l’accusé.
« Les questions liées à la liberté ne nous préoccupent pas tellement. Ce qui nous préoccupe, ce sont les intérêts civils de l’État, qui sont suffisamment garantis à travers des saisies pratiquées sur des montants et des immeubles appartenant à Kassory Fofana », a-t-il indiqué.
La défense insiste enfin sur l’état de santé fragile de l’ancien Premier ministre, actuellement hospitalisé.
« Dans son état actuel, je vois mal qu’il puisse se déplacer ou quitter l’hôpital pour sa maison », a conclu Me Dina Sampil.
Malgré cette libération provisoire, la procédure judiciaire engagée contre Ibrahima Kassory Fofana devant la CRIEF se poursuit.
Abdoulaye SYLLA







