Le gouvernement nigérian a versé à Boko Haram une « énorme » rançon de plusieurs millions de dollars pour libérer jusqu’à 230 enfants et membres du personnel d’une école catholique enlevés par les jihadistes en novembre, ont révélé à l’AFP des sources au sein des services de renseignement.
Deux commandants de Boko Haram ont également été libérés dans le cadre de cet accord, qui va à l’encontre de la loi nationale interdisant tout paiement aux ravisseurs.
L’argent a été transporté par hélicoptère jusqu’au bastion de Boko Haram à Gwoza, dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays à la frontière avec le Cameroun, et remis à Ali Ngulde, un commandant de la région, ont déclaré trois différentes sources à l’AFP.
La région est tellement isolée et la couverture téléphonique tellement mauvaise que Ali Ngulde a dû se rendre au Cameroun voisin pour confirmer que la rançon lui avait été livrée et autoriser la libération du premier groupe de 100 écoliers de l’internat catholique de St. Mary de Papiri, selon les mêmes sources.
Le paiement d’une rançon aux jihadistes, qui avaient suscité des protestations mondiales après l’enlèvement de 276 jeunes filles pour la plupart chrétiennes à Chibok en 2014, risque d’irriter encore plus le président américain Donald Trump qui s’est récemment présenté comme un défenseur des chrétiens du pays.
Les responsables du gouvernement nigérian nient avoir versé de l’argent au groupe armé qui le 21 novembre a enlevé près de 300 élèves et membres du personnel de l’internat Saint Mary, dans le centre de l’État du Niger. Au moins 50 d’entre eux avaient réussi à échapper aux ravisseurs.
Boko Haram, qui mène une insurrection sanglante depuis 2009 dans le nord-est du Nigeria et s’est spécialisé dans les enlèvements de masse, n’a pas été directement lié à ce kidnapping.
Mais plusieurs sources sécuritaires ont affirmé à l’AFP que l’un de ses commandants les plus redoutés en était à l’origine. Il s’agit du jihadiste Sadiku, à la tête d’une cellule dans l’État du Niger.
Cet homme tristement célèbre est accusé d’avoir mené en 2022 un spectaculaire attentat à la bombe et à l’arme à feu contre un train reliant la capitale Abuja à Kaduna, qui lui avait déjà permis de récupérer une somme considérable en échange de la libération de ses otages, parmi lesquels des banquiers et des fonctionnaires.
Son implication a également été confirmée au chercheur Vincent Foucher, spécialiste du conflit jihadiste au Nigeria, par une source proche des jihadistes et une autre source au sein du gouvernement.







