À 82 ans, fort de plus de quarante ans au pouvoir, Denis Sassou Nguesso assure préparer l’avenir du Congo tout en briguant un nouveau mandat, officiellement le dernier. Entre critiques sur un scrutin verrouillé, opposition muselée et détenus politiques toujours en prison, le chef de l’État se dit pourtant « confiant » dans la stabilité du pays après lui — un après dont il refuse de fixer l’échéance.
À l’approche de la présidentielle du 15 mars, Denis Sassou Nguesso tente de reprendre la main. À 82 ans et après plus de quatre décennies cumulées au pouvoir, le chef de l’État congolais assure qu’il « ne restera pas une éternité » à la tête du pays — tout en éludant soigneusement toute question sur l’après‑Sassou.
Dans un entretien accordé à l’AFP depuis Dolisie, le président sortant, candidat à un nouveau mandat constitutionnellement présenté comme le dernier, revendique de larges soutiens et tourne en dérision les accusations de scrutin verrouillé. Une contestation qu’il renvoie à de « simples voix extérieures », alors que l’opposition, fragmentée et sous pression, peine à exister face à la machine du PCT.
Sassou Nguesso défend fermement son bilan, invoquant routes, lycées et projets agricoles pour justifier la gestion des ressources pétrolières, malgré une pauvreté qui touche près de la moitié des six millions d’habitants. Les enquêtes internationales sur les « biens mal acquis » sont balayées comme des tentatives de « déstabilisation ».
Abordant les détenus politiques les plus emblématiques, Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, il minimise leur rôle d’opposants, les qualifiant de « jeunes collaborateurs » impliqués selon lui dans un projet d’insurrection. Il promet néanmoins qu’ils « ne mourront pas en prison ».
Alors que ses partisans redoutent un « saut dans le vide » en cas d’alternance, le « patriarche » assure, lui, croire en la capacité du Congo à maintenir stabilité et continuité après son départ — un horizon dont il ne donne toutefois aucune date.







