Près de trois mois après la tentative de coup d’État qui a secoué le palais de la Marina, les autorités béninoises passent à la vitesse supérieure. Le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) a diffusé ce vendredi 27 février 2026 un avis de recherche visant neuf suspects clés toujours en cavale.
Alors que le pays se prépare pour le scrutin présidentiel d’avril prochain, la police a rendu publique une liste de neuf individus, civils et militaires, accusés d’être impliqués dans le putsch avorté du 7 décembre 2025.
Pascal Tigri : l’homme le plus recherché du pays
En tête de liste figure sans surprise le lieutenant-colonel Pascal Tigri, commandant de la Garde républicaine, présenté comme le cerveau de l’opération. C’est lui qui, ce fameux dimanche de décembre, était apparu sur les écrans de la télévision nationale pour annoncer la destitution du président Patrice Talon.
Selon des sources sécuritaires, l’officier aurait réussi à s’extraire du camp de Togbin en civil juste avant l’assaut des forces loyalistes. Même si aucune confirmation officielle n’a été donnée sur sa localisation exacte, des bruits de couloir le situent tantôt au Togo voisin, tantôt dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Outre le leader présumé, huit autres noms circulent désormais dans tous les commissariats du pays : il s’agit de Castro Sambieni, Ousmane Samary, Bernard Sanhouekoua, Moussa Noma Rafiou, Demanmon Dassoudo, Issa Soumanou, Laurier Setondji et Yacoubou Moudachirou Osseni.
Par ailleurs, les autorités ont promis une récompense pour toute information permettant de localiser ces individus, tout en appelant la population à une collaboration étroite.
Un climat politique sous haute tension
Cette accélération de l’enquête intervient dans un contexte particulièrement lourd. Plus d’une trentaine de militaires sont déjà sous les verrous, poursuivis pour « trahison » et « attentat à la sûreté de l’État ».







