Le gouvernement tchadien a annoncé, lundi, la fermeture immédiate et jusqu’à nouvel ordre de sa frontière orientale avec le Soudan, invoquant des « incursions répétées » de groupes armés impliqués dans la guerre qui ravage le pays voisin depuis près de trois ans.
Dans un communiqué signé par le ministre de la Communication, Mahamat Gassim Chérif, les autorités affirment vouloir prévenir « tout risque d’expansion du conflit » sur le territoire tchadien. Cette décision fait suite à plusieurs violations du territoire, attribuées aux forces en présence au Soudan.
Un contexte sécuritaire de plus en plus tendu
Mi‑janvier déjà, sept soldats tchadiens avaient perdu la vie lors d’une altercation avec des éléments des Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires soudanais engagés dans une guerre contre l’armée régulière depuis avril 2023. Cet incident avait ravivé les inquiétudes de N’Djamena face à un conflit qui déborde régulièrement au-delà des frontières.
Le gouvernement tchadien prévient désormais qu’il « se réserve le droit de riposter contre toute agression ou violation de l’intangibilité de son territoire et de ses frontières », adoptant un ton inhabituellement ferme vis‑à‑vis des belligérants soudanais.
Une fermeture totale, avec exceptions humanitaires
Selon le communiqué, « les déplacements transfrontaliers des biens et des personnes sont suspendus ». Toutefois, des « dérogations exceptionnelles » pourront être accordées pour des raisons strictement humanitaires, afin de préserver l’accès aux secours et aux corridors de protection, alors que la région frontalière accueille d’importants flux de déplacés.
Le conflit soudanais continue de peser sur le Tchad
Depuis le début de la guerre au Soudan en avril 2023, les violences ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts. Plus de 12 millions de personnes ont été forcées de quitter leur foyer, d’après les estimations de l’ONU, dont près d’un million ont trouvé refuge au Tchad. Ce pays sahélien, déjà marqué par de fragiles équilibres politiques et sécuritaires, est devenu un point d’accueil majeur pour les civils fuyant les combats.
La fermeture de la frontière pourrait compliquer davantage la situation humanitaire dans l’est du pays, où les capacités d’accueil sont déjà largement dépassées. Mais pour N’Djamena, il s’agit avant tout de contenir une instabilité régionale qui menace de franchir un nouveau palier.







