Le gouvernement sénégalais passe à la vitesse supérieure. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 18 février 2026, l’exécutif a adopté un projet de loi modifiant l’article 319 du Code pénal afin de renforcer la répression des « actes contre nature ». Une réforme très attendue par une partie de l’opinion.
Ce que dit la loi actuelle
L’article 319 alinéa 3 du Code pénal prévoit déjà une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA pour « quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ».
Si l’acte est commis avec un mineur de 21 ans, la peine maximale est systématiquement appliquée.
Ce qui va changer
Selon le communiqué du Conseil des ministres, la réforme prévoit :
• Une définition plus précise des « actes contre nature », afin de lever toute ambiguïté juridique ;
• Un durcissement des peines, dont les contours seront fixés dans le texte définitif ;
• L’intégration de nouvelles infractions, notamment l’« apologie » et le financement de ces actes, désormais passibles de sanctions pénales.
Il ne s’agit donc plus seulement de réprimer les faits eux-mêmes, mais aussi toute forme de promotion ou de soutien matériel.
Un contexte sous tension
Cette réforme intervient dans un climat marqué par une vague d’arrestations de présumés homosexuels, sur fond d’accusations de transmission volontaire du VIH. L’émotion est vive dans l’opinion.
Des organisations comme Jamra et And Sam Jikko Yi ont multiplié les prises de position, appelant à une criminalisation plus ferme de l’homosexualité et rappelant au nouveau régime ses engagements de campagne.
Une attente forte
Avec ce projet de loi, les autorités affichent leur volonté de renforcer l’arsenal juridique. Reste désormais l’étape parlementaire, puis la promulgation.
Les populations attendent de voir concrètement ce que changera ce durcissement une fois la loi adoptée : niveau des peines, modalités d’application et impact réel sur le terrain.
Alioune Sow







