La crise entre les étudiants et l’État s’intensifie. Plusieurs étudiants arrêtés pour des actes de saccage ont été déférés devant un juge d’instruction et placés sous mandat de dépôt ce mercredi, selon le procureur. Une évolution judiciaire qui risque de durcir un climat déjà extrêmement tendu.
À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, les activités pédagogiques sont suspendues. Depuis le début du mois de février, la contestation ne faiblit pas. Les étudiants réclament le paiement de leurs rappels de bourse et exigent que toute la lumière soit faite sur la mort de leur camarade, survenue lors d’affrontements avec les forces de l’ordre sur le campus.
Le gouvernement, de son côté, dénonce des dérives. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a évoqué une possible manipulation politique du mouvement. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, parle pour sa part d’une « incompréhension entre les étudiants et l’administration » concernant la question des bourses.
Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur affirme disposer de renseignements précis faisant état de projets d’attaques contre les restaurants universitaires. Selon lui, la présence des forces de défense et de sécurité sur le campus visait à protéger les biens publics et à prévenir des actes de vandalisme. Les autorités indiquent également que des grenades lacrymogènes ont été découvertes dans certaines chambres universitaires, un élément qui, selon elles, justifie l’intervention policière.
Les étudiants rejettent ces accusations et dénoncent une répression disproportionnée. Ils maintiennent leurs revendications et appellent à un règlement rapide des rappels de bourse, ainsi qu’à une enquête transparente sur le décès de leur camarade.
Le dialogue reste au point mort, et l’ouverture d’une information judiciaire pourrait compliquer davantage la recherche d’une issue à la crise.
Alioune Sow







