Évariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi, a été élu à la tête de l’Union africaine (UA) pour un mandat d’un an, en remplacement du président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço. Il a officiellement pris ses fonctions ce samedi 14 février au siège de l’UA à Addis-Abeba, en Éthiopie, lors de la cérémonie de passation de pouvoir. Retour sur la carrière du tout nouveau président de l’organisation continentale.
Né le 17 juin 1968 dans la province de Giheta, au centre du Burundi, Évariste Ndayishimiye poursuit ses études supérieures à l’Université du Burundi. Il fait partie des rares étudiants hutus ayant échappé au nettoyage ethnique mené par des étudiants tutsis.
Carrière militaire : engagement dans l’armée lors de la guerre civile
Évariste Ndayishimiye compte parmi les premiers à rejoindre l’opposition armée des Forces de Défense de la Démocratie (FDD), créées après l’assassinat du président hutu Melchior Ndadaye, premier chef d’État démocratiquement élu du Burundi. En 1994, il devient mobilisateur au sein du mouvement FDD dans les provinces de Ngozi, Karusi, Gitega, Mwaro, Muyinga et Ruyigi. Pendant une décennie, il commande diverses régions et gravit progressivement tous les échelons militaires.
À la fin de la guerre, il est élu président du bureau chargé de la conception et de la planification de la politique du mouvement. Il occupe ensuite les fonctions de Chef d’État-major général de la Logistique au sein de la Force de Défense Nationale (FDN), puis de Chef d’État-major adjoint des nouvelles Forces de défense nationale, avec le rang de général.
Ascension politique : de haut fonctionnaire de l’État à Président de la République
Le général Évariste Ndayishimiye occupe plusieurs hautes fonctions politiques au sein de l’État burundais. Entre 2006 et 2007, il est Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et du Développement communal. Il occupe ensuite de hauts postes à la Présidence de la République en tant que Chef de cabinet chargé des questions militaires, fonction qu’il conserve jusqu’en 2014. En 2015, il devient Chef de Cabinet civil du Président de l’époque, Pierre Nkurunziza.
En 2016, Ndayishimiye succède à Pascal Nyabenda à la tête du Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD).
En janvier 2020, les délégués du CNDD-FDD le désignent comme candidat du parti à l’élection présidentielle de mai 2020. Il remporte le scrutin avec plus de 68 % des voix. Après la mort soudaine du président sortant Pierre Nkurunziza, un désaccord survient quant à la procédure d’investiture : l’opposition réclame que le Président de l’Assemblée nationale assure l’intérim. Cependant, la Cour constitutionnelle du Burundi juge cette période transitoire inutile, estimant qu’un nouveau président avait déjà été élu, et ordonne l’investiture de Ndayishimiye. Celui-ci prend officiellement ses fonctions en juin 2020.
Depuis ce 14 février, il exerce la présidence de l’Union africaine pour un mandat d’un an, une première pour le Burundi.
Lors de son discours d’investiture, Évariste Ndayishimiye a déclaré que son mandat mettra l’accent sur l’accélération des programmes liés à l’eau et à l’assainissement, ainsi que sur la promotion de la jeunesse et des femmes dans la paix et le développement.
Salimata Mbengue







