L’annonce de la candidature pressentie de l’ex-président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies suscite interrogations et calculs diplomatiques. Derrière les signaux contrastés envoyés par Dakar, les lignes bougent dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux.
Selon le journal L’Observateur, les coulisses de cette ambition révèlent un jeu diplomatique sous tension. Officiellement discret, l’exécutif sénégalais laisse filtrer des positions nuancées. Le Premier ministre Ousmane Sonko, qui représente le pays sur plusieurs scènes internationales, entretient un flou stratégique : ni soutien franc, ni désaveu explicite.
La question devrait être évoquée en marge du 39e sommet de l’Union africaine, où les chefs d’État africains discutent, entre autres, des candidatures continentales aux grandes instances internationales. L’Afrique, qui revendique depuis longtemps une meilleure représentation au sommet de l’Organisation des Nations unies, pourrait voir dans cette candidature une opportunité, ou une source de divisions.
Dans une interview accordée au quotidien, Régis Hounkpè, enseignant en géopolitique et analyste senior, estime que cette ambition s’inscrit dans une « recomposition profonde des équilibres internationaux ». Selon lui, au-delà du profil de Macky Sall, c’est la capacité du Sénégal à porter une candidature consensuelle qui sera déterminante. « Le soutien africain ne va pas de soi. Il suppose des arbitrages politiques, régionaux et idéologiques », analyse-t-il.
Reste une inconnue majeure : la position réelle des nouvelles autorités sénégalaises. Entre continuité diplomatique et volonté de rupture avec l’ancien régime, Dakar avance avec prudence dans un dossier où chaque déclaration peut être interprétée comme un signal politique.
La bataille pour le poste de secrétaire général de l’ONU ne fait que commencer, mais déjà, elle révèle les non-dits et les lignes de fracture d’une diplomatie sénégalaise en pleine redéfinition.
Alioune Sow







