La 39e Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine s’est ouverte à Addis-Abeba, avec la participation du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, représentant le président Bassirou Diomaye Faye. Au centre des travaux : un thème crucial pour 2026 — « Assurer la disponibilité de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
Un continent face à l’urgence hydrique
L’eau s’impose comme l’un des défis les plus pressants du continent. Le stress hydrique, aggravé par le changement climatique, la croissance démographique et une urbanisation galopante, met sous pression les ressources naturelles africaines.
Les inégalités persistantes d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, notamment en milieux ruraux et au sein des populations vulnérables, alimentent des risques sanitaires et freinent le développement.
À cela s’ajoutent des structures de gouvernance souvent fragmentées et des financements encore insuffisants pour répondre à l’ampleur des besoins.
Des orientations pour changer la donne
Les dirigeants africains ont posé trois axes stratégiques :
Renforcer la gouvernance de l’eau : harmoniser les politiques, améliorer la gestion intégrée et promouvoir la coopération dans les bassins transfrontaliers.
Accélérer les investissements : infrastructures modernes, financements innovants et solutions adaptées aux réalités locales.
Miser sur l’innovation et les données : technologies numériques, observation satellitaire, anticipation des risques climatiques. Cette dynamique doit être inclusive, avec une place centrale accordée aux femmes, aux jeunes et aux communautés locales.
Un levier direct pour l’Agenda 2063
En érigeant l’eau en priorité continentale, l’Union africaine vise un triple impact :
améliorer la santé publique, stimuler une croissance durable et renforcer la résilience climatique. L’eau devient ainsi un catalyseur de stabilité, de développement humain et de gouvernance responsable, au cœur de “l’Afrique que nous voulons”.
Le Sénégal, moteur diplomatique de la gouvernance mondiale de l’eau
Déjà engagé de longue date dans l’hydrodiplomatie, le Sénégal occupe une position centrale en 2026. Il co-organise la Conférence des Nations Unies sur l’Eau 2026 avec les Émirats arabes unis, et préside le Conseil des Ministres africains de l’Eau (AMCOW) — rôle clé dans l’élaboration de la nouvelle Vision africaine de l’eau.
L’UA a d’ailleurs proclamé 2026 « Année de l’Eau en Afrique », confirmant l’importance stratégique de cette ressource pour le futur du continent.







