La polémique enfle autour de la communication du ministère de l’Intérieur après les violents affrontements à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), qui ont conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Une vidéo présentée comme élément de preuve par les autorités a été contestée par des étudiants, puis remise en cause par des journalistes spécialisés en vérification des faits.
Au lendemain des tensions, le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, a affirmé avoir disposé de renseignements précis faisant état de projets d’attaques contre des restaurants universitaires. Selon lui, ces informations ont motivé le déploiement des Forces de défense et de sécurité (FDS) sur le campus, dans une mission de prévention et de sécurisation.
Des fouilles menées dans certaines chambres universitaires auraient permis la découverte de grenades lacrymogènes. Le ministre a également évoqué une vidéo devenue virale montrant un homme en possession d’un cocktail Molotov au pavillon A, présentée comme illustration des menaces pesant sur le campus.
Mais cette séquence a rapidement été contestée par des étudiants, qui affirment qu’elle n’a pas été tournée lors des affrontements. Des journalistes spécialisés en fact-checking ont ensuite conclu que la vidéo était antérieure aux événements, confortant la version des étudiants.
Cette controverse fragilise la communication officielle et alimente les interrogations sur la gestion sécuritaire de la crise. Elle intervient alors que le Premier ministre, Ousmane Sonko, a récemment rappelé que les bavures policières ne seraient plus tolérées et que les forces de l’ordre doivent rester strictement au service de la loi et des citoyens.
À ce stade, aucune décision politique n’a été annoncée. Mais la séquence met le gouvernement sous pression, dans un contexte où la cohérence entre discours de fermeté, respect des droits et transparence est particulièrement scrutée par l’opinion.
Alioune Sow







