Pressenti pour briguer le poste de secrétaire général des Nations unies, Macky Sall voit son nom circuler dans plusieurs cercles diplomatiques. Président du Sénégal pendant douze ans et ancien président en exercice de l’Union africaine, il s’est particulièrement illustré sur la scène internationale lors de la guerre en Ukraine, plaidant pour le dialogue entre Moscou et Kiev et portant la voix de l’Afrique sur la question des exportations de blé.
Des atouts diplomatiques réels
Très actif à l’international depuis la fin de son mandat, Macky Sall dispose de réseaux solides en Afrique et en Occident. Il a entretenu des relations étroites avec les États-Unis, la France, mais aussi avec la Russie, tout en cultivant des alliances avec de nombreux chefs d’État africains.
Il bénéficie notamment de liens privilégiés avec le président ivoirien Alassane Ouattara et, plus largement, avec plusieurs dirigeants de la CEDEAO. Ce capital relationnel pourrait peser dans une éventuelle bataille diplomatique.
Un soutien national loin d’être acquis
Mais sa candidature ne fait pas consensus au Sénégal. L’ancienne cheffe de la diplomatie, Yassine Fall, avait publiquement écarté l’idée d’un soutien automatique à l’ancien chef de l’État.
Lors d’une récente visite à Brazzaville, le président Bassirou Diomaye Faye aurait, selon le député Guy Marius Sagna, évoqué la question avec son homologue congolais Denis Sassou Nguesso. Dans une publication, Guy Marius Sagna a affirmé que « le Sénégal ne peut pas soutenir la candidature de quelqu’un qui a encouragé l’assassinat de près de 100 Sénégalais et l’emprisonnement de milliers de détenus politiques ».
L’exécutif n’a pas officiellement confirmé ces échanges. Un ministre-conseiller de la présidence a toutefois qualifié ces informations de « spéculation inutile », ajoutant que rien n’engageait l’État sénégalais à soutenir une telle candidature.
Quelles chances à l’ONU ?
Au-delà du débat national, l’accession au secrétariat général des Nations unies obéit à des équilibres géopolitiques complexes. Le poste dépend d’un accord des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, chacun disposant d’un droit de veto.
Parmi ses atouts :
• Son expérience à la tête d’un État et de l’Union africaine.
• Son image de médiateur sur certains dossiers internationaux.
• Son réseau diplomatique en Afrique de l’Ouest et au-delà.
Parmi les angles morts :
• Les controverses liées à la gestion des manifestations et aux accusations de répression durant la fin de son mandat.
• L’absence d’un soutien national clairement affirmé
• La concurrence potentielle d’autres profils issus d’Afrique ou d’autres régions, dans un contexte où la rotation géographique pourrait peser.
Une bataille d’abord diplomatique
En définitive, si Macky Sall dispose d’un carnet d’adresses international solide, sa candidature dépendra autant des équilibres mondiaux que du positionnement officiel de Dakar.
Sans appui explicite de l’État sénégalais et sans consensus continental fort, la marche vers le sommet de l’ONU s’annonce complexe, même pour un ancien président rompu aux arcanes diplomatiques.
Alioune Sow







