Le Collectif des Amicales de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a vivement réagi à la décision des autorités de suspendre provisoirement les amicales étudiantes. Dans un communiqué rendu public ce jeudi 12 février, la structure, qui se présente comme l’organe suprême de défense des intérêts des étudiants, qualifie cette mesure d’« irresponsable » et d’« autoritaire ».
Selon le Collectif, cette suspension interviendrait dans un contexte de tensions et viserait à « faire taire les revendications estudiantines » pour faciliter l’adoption de réformes jugées défavorables à la communauté universitaire. « Les autorités refusent le dialogue et privilégient la force institutionnelle. C’est un aveu », dénonce le communiqué.
Un campus social fermé qui bloque toute reprise pédagogique
Le Collectif rappelle que la majorité des étudiants ne disposent pas de logement à Dakar et dépend fortement du campus social. À ce titre, il juge impossible toute reprise, même partielle, des activités pédagogiques tant que les résidences universitaires demeurent fermées. « Il ne peut y avoir de continuité pédagogique sans la réouverture du campus social. 2023 est un miroir », indique la note.
Les étudiants exigent la lumière sur la mort d’Abdoulaye Ba
Les représentants étudiants demandent également que la lumière soit faite sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, réclamant la remise officielle de son autopsie à sa famille, « signée par le procureur ». Ils évoquent par ailleurs des actes de « torture » et de « vandalisme » attribués aux forces de défense et de sécurité, affirmant que ces faits doivent être examinés par la justice.
Trois membres du Collectif en détention
Dans son communiqué, le Collectif informe que trois de ses membres sont encore privés de liberté, tandis que d’autres seraient « activement recherchés ». Une situation qui, selon eux, reflète un climat de pression croissante sur la représentation estudiantine.
Appel à la vigilance et refus de céder aux pressions
Le Collectif exhorte enfin l’ensemble des étudiants à rester « vigilants » et à ne se laisser entraîner dans aucune « diversion ». Il les appelle à rester chez eux et à ne céder à aucune pression des autorités. « Aucune décision ne peut suspendre notre dignité syndicale. La voix de l’étudiant restera audible par l’intermédiaire de ses représentants démocratiquement élus », affirme la structure, réitérant son « engagement indéfectible » envers la communauté estudiantine.







