Les universités sénégalaises, symboles de l’enseignement supérieur du pays, sont malheureusement connues pour les violences qui y éclatent depuis des années. Affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, manifestations réprimées, arrestations arbitraires… autant d’événements devenus tristement familiers. Mais derrière les faits et les chiffres, il y a des vies brisées, des familles endeuillées et des étudiants qui paient le prix fort pour leur engagement. Retour sur les décès d’étudiants liés aux violences au sein des universités du Sénégal, une histoire qui se répète régime après régime, au grand désarroi de la communauté estudiantine en particulier et du peuple sénégalais en général.
Balla Gaye, tué à l’UCAD en 2001
C’est au cours de violents affrontements que Balla Gaye est tué par balle à l’UCAD le 31 janvier 2001, moins d’un an après l’arrivée au pouvoir du président Abdoulaye Wade. Un brigadier nommé Thiendella Ndiaye avait été interpellé, mais il sera libéré plus tard faute de preuves.
Même scénario pour Bassirou Faye en 2014
Étudiant en première année à la Faculté des sciences et techniques, Bassirou Faye a perdu la vie lors de manifestations éclatées à l’UCAD, quand la police est intervenue pour disperser les étudiants à coups de gaz lacrymogènes. Il a été atteint d’une balle à la tête et est décédé au service médical de l’université. Ce drame s’est produit durant le premier mandat de Macky Sall.
Fallou Sène, encore un drame dans les universités
En 2018, à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB), de nouvelles manifestations éclatent, cette fois pour des bourses non versées. Fallou Sène est mortellement atteint par balle à la cuisse. Il succombe à une « hémorragie de grande abondance causée par une arme à feu », selon le rapport d’autopsie. Il avait 26 ans, était marié et père d’un enfant.
Abdoulaye Ba, brutalisé par des policiers en 2026
Dernier cas en date, sous le premier mandat du président Bassirou Diomaye Faye. Abdoulaye Ba, jeune étudiant en odontologie, est décédé le mardi 10 février 2026 à l’UCAD après avoir été battu et violenté par les forces de défense et de sécurité. Il est mort des suites de ses blessures.
Les cas de Balla Gaye, Bassirou Faye, Fallou Sène et Abdoulaye Ba sont autant de rappels douloureux de l’urgence de mettre en place des solutions durables pour garantir la sécurité des étudiants au sein des universités sénégalaises. La communauté universitaire et le peuple attendent des réponses, des actions concrètes et, plus important encore, que justice soit rendue.
Salimata Mbengue







