Le ministre congolais des Mines, Louis Watum, a rejeté les accusations selon lesquelles la République démocratique du Congo aurait “bradé” son potentiel minier aux États-Unis dans le cadre d’un accord signé en décembre à Washington. Selon lui, il ne s’agit pas d’une vente ou d’une concession, mais d’un simple cadre de discussion portant sur des projets d’intérêt commun, qui ne donneront lieu à des investissements américains que dans le respect strict du code minier congolais.
Cet accord s’inscrit dans le contexte des efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC. Il prévoit notamment un volet économique garantissant à l’industrie américaine un accès futur à des minerais stratégiques (cobalt, coltan, cuivre, lithium). Malgré cela, les combats se poursuivent sur le terrain.
Kinshasa a transmis à Washington une liste de projets stratégiques qui seront examinés prochainement par un comité conjoint. Interrogé sur la rivalité entre les États-Unis et la Chine, très présente dans le secteur minier congolais, le ministre a affirmé que la RDC entend “jouer son propre jeu”, en se concentrant sur ses priorités internes, notamment l’éducation et l’emploi pour une population de 120 millions d’habitants.
Louis Watum a rappelé que seulement 10 % du potentiel minier du pays est actuellement exploité et qu’il y a donc “de la place pour tout le monde”. La RDC, l’un des pays les plus pauvres du monde, reste pourtant essentielle pour l’économie mondiale, fournissant 76 % du cobalt mondial en 2024. Le ministre compare ainsi le rôle actuel de la RDC à celui de l’Arabie Saoudite dans les années 1980 pour le pétrole.







