La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba et les violences enregistrées au sein du campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont suscité une vive émotion au Sénégal. L’ancien commissaire de police, Sangou Faty, apporte un éclairage sur le cadre légal et les responsabilités liées au maintien de l’ordre, tout en pointant les dérives qui peuvent survenir.
La responsabilité partagée des violences
Pour Sangou Faty, la responsabilité des événements récents ne repose pas uniquement sur les forces de l’ordre. Selon lui, « depuis 2021, un discours consistant à légitimer la violence pour certaines revendications, avec des termes comme le “gatsa gatsa” ou l’idée qu’“il faut qu’il y ait mort d’homme pour que les autorités comprennent”, contribue à l’apologie de la violence ».
Cette logique, souligne-t-il, nourrit un climat où les affrontements deviennent presque normalisés et complexifie l’action des forces de sécurité.
Autorités administratives, les donneurs d’ordre
L’ancien commissaire insiste sur la distinction entre autorités administratives et forces de sécurité : « Les responsabilités du maintien de l’ordre et de la sécurité incombent d’abord au ministre de l’Intérieur, aux gouverneurs et aux préfets, et non au chef de la police ou au haut commandant de la gendarmerie ».
Ces autorités définissent la mission générale, par exemple « maintenir l’ordre sur le campus » ou « empêcher tout rassemblement dans un lieu donné ». Une fois la mission fixée, les forces de police ou de gendarmerie entrent en action, mais leurs prérogatives s’arrêtent là, explique Faty.
Responsabilité opérationnelle et sanctions
Sur le terrain, les agents sont formés pour intervenir selon des règles précises. « S’il y a des fautes ou des bavures, des mesures disciplinaires sont prises, pouvant aller jusqu’à la radiation, sans préjudice de poursuites pénales en cas d’infraction », rappelle l’ancien commissaire.
Cette distinction souligne que la responsabilité directe des violences peut être évaluée au niveau des actes individuels des policiers ou gendarmes, tandis que les directives viennent de l’autorité administrative.
Des règles d’engagement encadrées
Enfin, Sangou Faty rappelle que le maintien de l’ordre obéit à des règles internationales. « L’utilisation d’armes et de certains matériels est réglementée », insiste-t-il. Ces protocoles visent à limiter les bavures et à protéger les citoyens tout en permettant aux forces de sécurité d’accomplir leur mission.







