Des centaines de manifestants ont convergé lundi vers l’Assemblée nationale à Abuja pour dénoncer la décision du Sénat nigérian d’abandonner l’exigence de transmission électronique en temps réel des résultats des prochaines élections. Le rassemblement, baptisé “Occupy National Assembly”, a réuni organisations civiques, groupes de femmes et sympathisants de l’opposition, sous un dispositif sécuritaire particulièrement dense.
La contestation fait suite à l’adoption de l’Electoral Act Amendment Bill 2026, qui retire la mention “real-time” de la procédure de transmission des résultats vers la plateforme publique iRev. Une modification perçue par de nombreux citoyens comme un recul démocratique. Le président du Sénat, Godswill Akpabio, a tenté de rassurer en affirmant que la transmission électronique n’était pas supprimée, mais que l’obligation du temps réel avait été écartée pour éviter d’éventuels litiges en cas de panne réseau.
Face aux barricades empêchant l’accès au Parlement, les manifestants ont exigé plus de transparence, brandissant des pancartes clamant : “Mon vote doit compter” ou “La transparence électorale est le minimum”.
La présence de Peter Obi, ancienne figure de la présidentielle de 2023 et désormais membre de l’ADC, a galvanisé la foule. Il a dénoncé un système électoral “opaque” et réaffirmé la nécessité d’une transmission instantanée pour éviter les défaillances observées en 2023. L’opposant a également confirmé son intention de concourir à l’élection de 2027.
Le projet de réforme électorale réduit en outre de 360 à 180 jours le délai minimal de préparation avant un scrutin, une décision qualifiée de “cauchemar logistique” par plusieurs experts, notamment pour une INEC déjà fragilisée.
Alors que le pays, marqué par un taux de participation historiquement bas (27 % en 2023), se prépare aux élections de 2027, le Sénat a convoqué une session d’urgence ce mardi pour répondre au tollé provoqué par la révision du texte.







