Suite à la déclaration du lutteur Siteu, qui regrettait la décision des autorités de réprimer la lutte — si nécessaire — en réponse à la recrudescence des agressions et de l’insécurité lors des combats, le chef de l’administration régionale a frappé du poing sur la table.
Lors d’une rencontre avec les acteurs de la lutte, le gouverneur de Dakar a apporté une réplique salée au lutteur de Diamaguène.
Ousmane Kane, qui revendique son appartenance à la banlieue pour y être né, y avoir grandi et effectué son cursus scolaire à Pikine, juge “arrogant” le comportement du lutteur qui a critiqué ouvertement cette décision. « Au nom de quoi s’est-il permis d’aller sur un plateau de télévision [Lutte TV] pour attaquer le ministre de l’Intérieur et le gouverneur ? » s’interroge l’autorité. Selon lui, le lutteur ne disposait même pas de suffisamment d’informations sur ce qui avait été dit, et les questions avaient été orientées autour de cette histoire “d’appartenance à la banlieue ou non”.
Le gouverneur a également déploré la diffusion, sur TikTok, d’images du ministre de l’Intérieur et du gouverneur montées sous celle du lutteur, donnant l’impression que ce dernier avait un pouvoir sur eux.
Face aux acteurs de la lutte, l’autorité régionale a affirmé clairement que cette insécurité devait cesser “par A ou par B”, tout en privilégiant le dialogue pour une meilleure réorganisation de la lutte.
Le président de la Fédération sénégalaise de lutte, quant à lui, a rappelé aux promoteurs, aux lutteurs et à l’ensemble des acteurs de l’arène leur devoir de responsabilité.
Bira Sène a d’ailleurs confié au public : « Le gouverneur de Dakar avait pris la décision d’arrêter définitivement la lutte, avant même que je ne prenne service. Mais je lui ai demandé de nous accorder du temps et de nous accompagner. J’assume donc pleinement la décision que j’ai prise, car je l’ai prise en toute responsabilité (…) Il faut un retour aux fondamentaux. »
Concernant les promoteurs qui ont exprimé leur désaccord avec la décision de mettre fin aux face-à-face et aux “open press”, le président de la FSL est resté ferme. Malgré certaines critiques, Bira Sène a réaffirmé qu’il maintenait la suspension de ces activités afin de réduire drastiquement la violence dans l’arène.
Le gouverneur a ainsi invité les acteurs de la lutte sénégalaise à échanger autour d’une meilleure réorganisation de ce sport.
Mamadou Dieng







