Ousmane Sonko multiplie les rencontres avec les institutions judiciaires et sécuritaires qu’il a longtemps critiquées, dans ce qui apparaît comme une stratégie visant à réaffirmer son rôle politique tout en préservant son image. Magistrats, greffiers et policiers ont été au cœur de ses audiences récentes, quelques semaines après ses déclarations incendiaires sur la justice.
Une séquence ciblée vers les corps judiciaires et sécuritaires
Les audiences et déplacements récents d’Ousmane Sonko, Union des magistrats du Sénégal (UMS), greffiers et plus récemment la police, ne sont pas anodins. Ils révèlent un effort de communication ciblé auprès des institutions qu’il a souvent accusées de partialité ou de dérives. Cette focalisation interroge : cherche-t-il à normaliser ses relations avec elles ou à redorer son image auprès de ces corps stratégiques ?
Du discours de rupture à l’apaisement maîtrisé
Jusqu’à récemment, Sonko dénonçait publiquement des pratiques qu’il jugeait arbitraires. Il affirmait notamment que « le principal problème du Sénégal, c’est la justice », et accusait la police d’agir « en dehors de toute légalité » dans certains dossiers sensibles.
Après ses rencontres avec l’UMS et les greffiers, le ton change : ses critiques sont présentées comme des « interpellations » et non des attaques, et il réaffirme son attachement aux principes de l’État de droit et à l’indépendance judiciaire. Cette évolution traduit un passage de la confrontation frontale au dialogue institutionnel.
Redorer son image auprès des institutions ?
Cette démarche peut être interprétée comme une tentative de réhabilitation symbolique auprès des corps judiciaires et sécuritaires, longtemps perçus comme ses adversaires. En multipliant les échanges, Sonko envoie un message clair : il est capable de critiquer sans rompre les relations institutionnelles et de dialoguer sans renoncer à ses convictions politiques.
La paix des braves, sans reniement ?
Peut-on parler de « paix des braves » ? Pas exactement. Sonko ne renie rien de ses positions passées et continue de dénoncer les dysfonctionnements. Le changement porte sur la forme : moins de confrontations publiques, plus de dialogue officiel et réfléchi.
Il s’agit d’un repositionnement stratégique, qui vise à renforcer sa légitimité tout en maintenant son image de leader critique et indépendant.
Une communication à décrypter
Cette séquence révèle une maturité politique nouvelle. Sonko cherche à apparaître comme un acteur capable de dialoguer avec les institutions tout en restant fidèle à ses convictions. Reste à savoir comment magistrats, greffiers et forces de l’ordre percevront ce geste : comme une main tendue sincère ou comme une manoeuvre tactique. La réponse pourrait déterminer si cette stratégie marque un tournant durable ou un simple épisode dans une relation historiquement tendue.
Alioune Sow







