Depuis la fin du mandat de son père, l’ancien président Macky Sall, Amadou Sall a pris un virage radical mais controversé. Jadis sans emploi officiel au Sénégal, il évolue désormais entre Marrakech, Dubaï et Abidjan, où il investit dans diverses activités économiques et affirme son rôle d’entrepreneur ambitieux.
En janvier 2026, Amadou a pris 50 % des parts de Bani Group, une société récemment créée à Rabat, spécialisée dans la restauration, la pâtisserie haut de gamme, la torréfaction de café importé du Rwanda et l’événementiel. Selon les registres officiels marocains, l’entreprise est enregistrée sous le numéro 193373 et est déclarée dans la catégorie « autres services de restauration – traiteur ». Amadou est associé à des investisseurs marocains ainsi qu’à un partenaire du monde du football, ce qui illustre son intention de combiner expansion commerciale et réseaux stratégiques, selon Telquel.ma.
Cette « réussite » commerciale survient dans un contexte judiciaire délicat. Depuis avril 2025, Amadou Sall est convoqué par le Pôle judiciaire et financier du Sénégal dans une affaire impliquant des transferts de fonds douteux estimés à environ 10 milliards de francs CFA. Ces affaires avaient déjà émergé dans le débat public à la fin du mandat de Macky Sall, malgré les assurances de l’ex-président sur l’inactivité administrative de son fils.
La situation d’Amadou Sall illustre un paradoxe fréquent en Afrique : l’utilisation d’entreprises légitimes comme relais d’influence ou, potentiellement, comme couverture pour des opérations financières controversées. Son investissement à Rabat montre comment les figures politiques ou héritiers de familles influentes peuvent redéfinir leur trajectoire hors de leur pays, tout en restant sous le regard de la justice nationale.
Alors que Bani Group développe ses activités et que son nom continue de faire débat, la trajectoire d’Amadou Sall pose des questions sur la transparence, la régulation et la responsabilité des acteurs économiques issus de milieux politiques influents. Entre ambitions internationales et pressions judiciaires, son parcours illustre parfaitement la complexité des liens entre politique, héritage familial et entrepreneuriat en Afrique.







