Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a déclaré, vendredi, persona non grata le plus haut diplomate israélien en poste à Pretoria, Ariel Seidman, lui ordonnant de quitter le territoire dans un délai de 72 heures. Pretoria accuse le diplomate d’« atteintes graves aux usages diplomatiques », notamment pour des publications jugées insultantes envers le président Cyril Ramaphosa et pour le non-respect de protocoles liés à des visites officielles israéliennes.
Israël a immédiatement répliqué en expulsant à son tour le chargé d’affaires sud-africain à Tel-Aviv, Shaun Edward Byneveldt, également sommé de quitter le pays sous 72 heures.
Cette escalade survient dans un contexte de relations déjà extrêmement tendues entre les deux pays depuis la plainte déposée fin 2023 par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice, accusant Israël de « génocide » dans sa guerre à Gaza après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Pretoria reproche également à une délégation israélienne d’avoir récemment mené une visite non autorisée dans l’Eastern Cape, proposant une coopération dans les domaines de l’eau, de la santé et de l’agronomie, en violation du protocole diplomatique. Le ministère sud-africain dénonce dans son communiqué une « violation fondamentale de la Convention de Vienne ».
Cette crise intervient alors que le conflit à Gaza continue de susciter une forte mobilisation en Afrique du Sud, pays historiquement proche de la cause palestinienne, dont l’ambassade à Tel-Aviv est fermée depuis novembre 2023. Les tensions se sont également accrues avec les États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, notamment en raison de la plainte sud-africaine devant la CIJ et de divergences marquées sur la situation au Proche-Orient.







