Des tirs nourris et de fortes détonations ont été entendus dans la nuit de mercredi à jeudi aux abords de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, au Niger. Selon plusieurs habitants des quartiers voisins, les premières décharges ont retenti peu après minuit (23h GMT), avant que la situation ne s’apaise environ deux heures plus tard.
L’aéroport, situé à une dizaine de kilomètres du palais présidentiel, héberge notamment une base de l’armée de l’air nigérienne, une infrastructure destinée aux drones récemment mise en service, ainsi que le quartier général de la Force unifiée créée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso pour combattre les groupes jihadistes opérant dans la région.
Traînées lumineuses et images non authentifiées
Sur des vidéos enregistrées par des habitants de la zone, on distingue de longues traînées lumineuses dans le ciel, évoquant l’usage d’un système de défense antiaérienne, possiblement contre des drones.
D’autres images – que l’AFP n’a pas pu authentifier – montrent des flammes importantes et des véhicules carbonisés. Aucun bilan officiel n’était disponible dans la nuit.
Appels à se mobiliser dans la capitale
Alors que le calme semblait revenu vers 02h00 (01h00 GMT), des soutiens au régime militaire ont appelé sur les réseaux sociaux à se rassembler dans différents quartiers de Niamey pour « défendre le pays ». Des sirènes de véhicules de secours ont été entendues en direction de l’aéroport, selon plusieurs témoins.
Le compte spécialisé en sources ouvertes « Brant », sur X, a par ailleurs indiqué qu’un avion en provenance d’Alger et prévu pour atterrir à Niamey avait été dérouté vers le Burkina Faso.
Une cargaison importante d’uranium – ressource dont le Niger est l’un des principaux producteurs mondiaux – serait actuellement stockée dans l’enceinte de l’aéroport en attente d’exportation.
Un contexte sécuritaire extrêmement tendu
Le Niger fait face depuis des années à des attaques récurrentes de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaida, à l’État islamique ou à Boko Haram. Selon l’ONG ACLED, près de 2 000 personnes ont été tuées dans le pays en 2025 dans des violences liées au jihadisme.
Le pays est dirigé depuis juillet 2023 par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir après le renversement du président élu Mohamed Bazoum. À l’instar du Mali et du Burkina Faso, également aux mains de militaires, Niamey a engagé une politique de rupture avec la France et renforcé sa coopération régionale au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Les trois pays affirment avoir constitué une force conjointe de 5 000 hommes pour lutter contre les groupes armés.







